Rédigé par JC le 4 avril 2008 — Publié dans Insolite, Brèves
J’ai d’abord cru à un poisson d’avril de mauvais goût, mais il semble bien que Rupert Sheldrake – biologiste et chercheur en parapsychologie dont j’ai parlé plusieurs fois sur ce blog - se soit fait poignarder lors d’une conférence qu’il donnait à Santa Fe, au Nouveau-Mexique. Selon les informations préliminaires diffusées par des médias américains, les faits se seraient déroulés mercredi dernier, lors du dixième congrès International Conference on Science and Consciousness.
Alors que Rupert Sheldrake invitait l’assistance à prendre une brève pause, un individu armé d’un poignard - un Japonais de 33 ans - se serait précipité sur le conférencier. Le suspect aurait sérieusement entaillé la cuisse gauche de Rupert Sheldrake mais, selon un des témoins, il aurait d’abord tenté de le frapper à la poitrine. Le forcené a été maîtrisé par des personnes de l’assistance, avant l’arrivée des policiers. Rupert Sheldrake est heureusement hors de danger et, pour l’instant, on ignore les motifs du suspect.
«Deux possibilités existent : soit nous sommes seuls dans l’univers, soit nous ne le sommes pas. Les deux hypothèses sont tout aussi effrayantes.»
Arthur C. Clarke
Arthur C. Clarke est décédé hier, le 19 mars 2008, à Colombo (Sri Lanka) à l’âge de 90 ans. Il aurait publié plus de 100 livres et quelque 1000 nouvelles ou courts essais. Il est surtout connu pour ses romans de science-fiction – en particulier 2001, l’odyssée de l’espace qui a d’ailleurs été magistralement porté au grand écran par Stanley Kubrick – mais Jean-Michel Abrassart nous rappelle dans ce billet qu’il était également un sceptique et un scientifique (courte biographie sur Wikipédia). Voici ses derniers commentaires, qui ont été filmés en décembre 2007, quelques jours avant son 90e anniversaire.
Dans cette vidéo, il souligne notamment qu’il a vu une transformation extraordinaire de la société et de la science au cours de sa vie, et il décrit trois choses qu’il aurait aimé vivre, dont voici la première:
«D’abord, je voudrais voir quelques preuves d’une vie extraterrestre. J’ai toujours cru que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, mais nous attendons encore que ET nous appelle ou nous fasse signe. Nous n’avons aucun moyen de savoir quand cela pourrait survenir mais j’espère que ce sera bientôt.»
Mes plus sincères condoléances à la famille, et un grand merci pour tout, Arthur.
Rédigé par JC le 18 janvier 2008 — Publié dans OVNI, Brèves
Une petite note pour vous signaler que je viens de découvrir, par le biais du blog Métapsychique, un tout nouveau blog intitulé Scepticisme scientifique. Le nouveau-né s’intéresse en particulier au modèle sociopsychologique du phénomène ovni. Lancé plus tôt cette semaine, ce blog comporte déjà plusieurs articles et quelques vidéos dont certaines, malheureusement très courtes, ont été réalisées par son créateur : Jean-Michel Abrassart. Voici la première d’une série de vidéos qui explique très rapidement en quoi consiste le modèle sociopsychologique des ovnis:
Vous trouverez ses autres petites vidéos (portant sur les enlèvements par des «extraterrestres», les méprises simples et la notion de «cas résiduels») ici sur Youtube.
L’auteur de ce nouveau blog a déjà plus longuement expliqué sa perspective dans un article de l’AFIS (Association française pour l’information scientifique) présentant dix raisons qui laisseraient penser que les ovnis sont un phénomène sociopsychologique (PDF). Alain Delmon, qui héberge sur son site le fichier mentionné ci-dessus, propose également une critique des dix arguments avancés par Jean-Michel Abrassart.
Pour en apprendre davantage sur le modèle sociopsychologique du phénomène ovni, vous pouvez lire cet article de Wikipedia. À noter qu’on y cite notamment les travaux de Bertrand Méheust, dont le livre Science-fiction et soucoupes volantes (1978) a d’ailleurs été réédité il y a quelques mois aux éditions Terre de Brume. Pour en apprendre davantage sur ce livre (et sur l’histoire de l’ufologie, par richochet), je vous suggère d’écouter cette émission des Aventuriers de l’étrange avec Bertrand Méheust.
Non, vous n’avez pas la berlue : il s’agit bien d’un nouveau billet qui vient perturber une page d’accueil pratiquement statique depuis plusieurs mois.
Enfin, pas exactement statique puisqu’on pouvait toujours y voir les dernières discussions des Orphée, Orox, Spina, Bernard Poulin, Améthyste, et autres commentateurs plus occasionnels, qui venaient régulièrement insuffler un peu de vie au blog. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour vous en remercier.
Eh oui! après ce silence qui semblait interminable, je suis finalement de retour (sonnez haut-bois, résonnez musettes ).
Pour plusieurs d’entre vous, une si longue interruption avait probablement l’odeur de la fin. Effectivement, c’est ce qui se produit souvent lorsqu’on voit un arrêt brusque dans les mises à jour ou une fréquence de publication qui s’étiole.
Dans mon cas, cependant, une simple surcharge de travail a été à l’origine de cette absence et, comme je dispose dorénavant de temps libre, je pourrai donc continuer à vous proposer des faits ou sujets qui suscitent la réflexion, l’étonnement… ou la consternation . La routine habituelle, quoi.
Ce message concerne uniquement la «vie du blog», mais il pourrait aussi servir à amortir le choc de ceux et celles qui attendaient impatiemment une mise à jour depuis un certain temps. Il pourra également faire taire les rumeurs voulant que j’aie été enlevé par les «extraterrestres» ou que je sois passé dans une autre dimension.
Avant de vous quitter pour commencer à repérer et préparer les premiers sujets qui marqueront mon retour officiel, laissez-moi vous souhaiter, comme le veut la coutume, une bonne et heureuse année 2008. Je sais qu’il est un peu tard mais on peut le faire jusqu’au 10 janvier, paraît-il.
P.-S. : Si vous avez des suggestions de sujets, des vidéos intéressantes, des photos (d’orbes, etc.), je vous invite à me contacter à l’adresse habituelle : blogparanormal arobase gmail.com. Hop! En route vers de nouvelles aventures.
P.P.-S. : J’ai vu du coin de l’oeil qu’Orphée proposait récemment une rencontre de gens qui fréquentent ce blog (été 2008). Si ça vous intéresse, ou si vous avez d’autres projets, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.
Un petit mot pour vous signaler que j’ai appris l’existence d’un nouveau blog sur le paranormal par le biais de la dernière émission de l’émission «Les aventuriers de l’étrange» (que vous pouvez écouter en podcast ici).
Ce nouveau blog, qui s’appelle tout simplement «Paranormal» (avec comme sous-titre «Phénomènes paranormaux : enfin la vérité !»), est rédigé par l’illusionniste Ranky (du Comité illusionniste d’expertise et d’expérimentation des phénomènes paranormaux (CIEEPP)) et le journaliste Jacques Mandorla. Les deux ont écrit des livres dont vous trouverez les références sur leur blog.
Au menu de ce blog lancé il y a moins de deux mois : interviews et tests de gens qui prétendent posséder des facultés psi (Jean-Pierre Girard, le voyant Pascal Mahious et la médium-spirite Dominique Vallée), biographies des auteurs, lexique du paranormal et, dans le dernier billet en date, une petite activité amusante où les rédacteurs proposent une série de photos «paranormales» et demandent aux visiteurs s’ils ont des explications conventionnelles à proposer.
Notez que les tests sur les sujets psi visent à démasquer d’éventuels tricheurs utilisant des techniques d’illusionnisme. Ils n’ont pas le protocole rigoureux des recherches scientifiques qui permettraient de se prononcer plus fermement sur les capacités des sujets testés.
Et puis, si vous ne l’avez pas remarqué dans la section «Ailleurs» (sous les derniers commentaires, colonne de droite dans la page d’accueil) et plus récemment dans ma liste de liens, je profite de cette occasion pour souligner le lancement encore plus récent d’un blog fort sympathique ayant pour thème la métapsychique : «un blog sur les sciences psychiques, la psychologie et la clinique des personnes vivant des expériences exceptionnelles», précise son auteur. Et parlant de nouveautés, on pouvait d’ailleurs y lire cette semaine que Bertrand Méheust - notamment auteur de plusieurs ouvrages sur la métapsychique et l’ufologie - venait de lancer son site officiel (pour l’instant en construction).
Voilà. Vous connaissez peut-être d’autres blogs ou sites sérieux (ou avec une approche rationnelle, si vous préférez) sur le paranormal, lancés plus ou moins récemment? Pourquoi ne pas en faire profiter les autres lecteurs en l’indiquant dans les commentaires? L’invitation est lancée.
Rédigé par JC le 18 juin 2007 — Publié dans OVNI, Brèves
Triste nouvelle que je viens d’apprendre par le biais de l’édition du 16 juin 2007 de l’émission «Les aventuriers de l’étrange» : il est probable que la SOBEPS (SOciété Belge d’Étude des Phénomènes Spatiaux), groupe ufologique qui a été au centre de la vague belge des années 1989-1991, ferme ses portes à la fin de l’année 2007.
Le site officiel SOBEPS.org ne fait pas (encore?) mention de cette éventualité mais Pierre Macias, informaticien et webmaster du site Psiland.org, annonce en avant-première que cette décision de fermeture aurait été prise lors de la dernière assemblée de l’association ufologique. L’information aurait été confirmée par Michel Bougard, président de la SOBEPS. Sans surprise, la dissolution du groupe serait causée par un manque de ressources humaines et financières.
Quand on pense à la quantité et à la qualité du travail réalisé par les bénévoles passionnés de ce groupe, notamment pendant la vague d’ovnis belge, on ne peut qu’être attristé par une telle annonce. En tout cas, je le suis. Pas vous? Par contre, il n’est peut-être pas trop tard…
Pour vous faire une petite idée des enquêtes ufologiques menées par la SOBEPS pendant la vague belge, je vous invite à voir ou revoir l’excellent documentaire dont je vous parlais ici en décembre 2006.
Rédigé par JC le 4 juin 2007 — Publié dans Insolite, Brèves
Beaucoup de médias, et pas des moindres, ont diffusé la toute dernière vidéo censée montrer le «monstre» du Loch Ness. Avec des titres sensationnalistes tels que «Nessie est de retour», on nous assurait qu’il s’agissait probablement de la meilleure vidéo de l’hypothétique créature lacustre.
Détail étrange, les médias n’ont pratiquement rien dit au sujet de Gordon T. Holmes, celui qui a filmé ces fameuses turbulences dans le Loch Ness il y a un peu plus d’une semaine. Après tout, quelqu’un qui se présente comme un «scientifique amateur» (qu’est-ce que ça veut dire, au fait?) est au-delà de tout soupçon, pas vrai?
J’entends d’ici la foule en délire qui brûle d’envie de savoir qui est cet énigmatique Gordon T. Holmes. Je vais vous le dire : il est employé par le département de l’Université de Bradford à titre de «technicien des médias et des technologies de l’information». Voici sa fiche personnelle sur le site de l’université.
Ça semble plutôt crédible me direz-vous. Attendez un peu. Sur sa page personnelle totalement publique, également hébergée sur le serveur de Bradford, Gordon T. Holmes étale dans la confusion quelques-uns de ses intérêts, dont certains sont carrément insolites pour un «scientifique», même «amateur». Personnellement, j’aime bien sa recette pour construire une machine à voyager dans le temps à partir d’un trou noir miniature créé en laboratoire mais j’avoue préférer de loin son livret-vidéo CD intitulé «Fées à Ilkley Moor : les preuves», à propos duquel il dit que :
«Je ne suis pas le genre de personne qui croit aux ovnis, aux fées et autres, donc mon caméscope doit mentir.»
Mouais… Et à propos du Loch Ness, il semble bien que M. Holmes ait des idées bien arrêtées sur la nature de l’hypothétique créature. Il indique brièvement qu’il pense avoir trouvé «un étrange petit os qui semble être similaire à une vertèbre de plésiosaure», et qu’il a découvert «une nageoire de plésiosaure» qui, après examen par un géologue, n’était en fait qu’un morceau de basalte sculpté par l’action glaciaire…
Question : comment les journalistes ont-ils pu laisser passer quelque chose d’aussi gros?
P.-S. : si vous voulez voir un extrait d’une émission de télévision avec M. Holmes et sa vidéo, c’est par ici.
Rédigé par JC le 25 mai 2007 — Publié dans OVNI, Brèves
Aviez-vous vu cette espèce de loupe géante aux appendices baroques censée être un objet volant non identifié qui plane dans le ciel de la Californie depuis quelques semaines?
Le mois dernier, un certain rajman1977 a publié six photos très nettes d’un soi-disant ovni sur Flickr. On y voit un objet très étrange qui semble se déplacer dans le ciel, passer derrière la cime des arbres et au-dessus des fils électriques. Une des photos, une vue du dessous, montre ce qui semble être des caractères d’un alphabet inconnu.
Quelques jours/semaines plus tard, une autre série de photos de ce qui semble être le même objet a été publiée par un certain Chad, qui a été invité à l’émission radio Coast to Coast de George Noory.
Sans surprise, la plupart des gens sur Flickr et ailleurs sont persuadés qu’il s’agit d’un trucage numérique. Et moi aussi . Mais dès le premier coup d’oeil, avant même de voir les caractères bizarres et de chercher des défauts d’éclairage ou des indices de superposition d’un objet numérique dans un paysage réel, je me suis dit que c’était trop gros et trop net pour être vrai. Pas vous?
D’où la question : pourquoi s’attend-on (peut-être pas tout le monde mais beaucoup de gens) à ce que les photos (ou vidéos) authentiques d’ovnis soient des taches floues, de simples lumières dans la nuit ou ce qui semble être des objets matériels vus de si loin qu’on ne peut y déceler de détails? (Au passage, ces conditions sont justement celles où les mauvaises interprétations sont favorisées. Hum…)
Depuis le temps qu’on prend des ovnis en photo, on aurait dû en obtenir de très nettes ou des rapprochées, non? (Bon, il y a peut-être les soucoupes volantes du lac Chauvet et de McMinnville par exemple, mais elles sont prises de loin.)
Les arguments statistiques, c’est-à-dire la rareté exceptionnelle de ces observations d’ovnis, sont-ils suffisants pour expliquer cette quasi-absence de documents photographiques ou vidéos vraiment convaincants?
P.-S. : pour les photos ci-dessus, plusieurs personnes pensent qu’il s’agit d’une campagne de marketing viral. Eh oui! je suis peut-être tombé dans le panneau mais ce n’était qu’un prétexte pour soulever ces questions, qui me semblent fondamentales et que je vous invite à commenter.
Mise à jour : voir l’analyse de Mike chez Ufofu (la ressemblance des titres est une coïncidence ).
S’il y avait des affinités particulières entre les signes du zodiaque, on pourrait probablement trouver, en étudiant suffisamment de couples, que certaines combinaisons de signes soi-disant plus compatibles entre eux se rencontrent plus fréquemment que les autres (en particulier les couples censés avoir peu ou pas d’affinités). Eh bien, David Voas, un chercheur au département des sciences sociales de l’Université de Manchester, a justement eu la drôle d’idée de vérifier cette assertion de l’astrologie populaire en réalisant une étude statistique sur les 10 millions de couples d’Angleterre et du pays de Galles enregistrés lors du recensement de l’an 2001.
Vous l’aviez déjà deviné : le chercheur ne trouve aucune affinité ou compatibilité particulières entre les signes du zodiaque ; les couples ne se forment certainement pas par hasard mais le signe des principaux intéressés n’est pas un facteur.
L’étude est évidemment réductrice puisqu’elle ne tient compte que du signe solaire, mais David Voas a prévu le coup et répond aux astrologues qui diraient qu’une carte du ciel complète est nécessaire pour établir une personnalité :
«S’ils [les signes du zodiaque] avaient une quelconque influence, même petite, la loupe géante de cet échantillonnage gigantesque la détecterait. [Mais] ce n’est pas le cas.»
Par contre, ce raisonnement se fonde sur l’hypothèse que les éventuelles influences astrales puissent être cumulées pour des traits de personnalité parfaitement mesurables et quantifiables, ce qui n’est malheureusement (ou heureusement) pas tout à fait le cas en pratique.
Et puis il y a même une petite morale dans le communiqué de presse (Love not in the stars) qui annonce ces résultats sur le site de l’Université de Manchester :
«Ces résultats n’entraveront pas les affaires [des astrologues des médias]. Quand il est question d’amour, les gens sont prêts à essayer n’importe quoi.»
Et toc! Mais qui peut vraiment lui donner tort sur ce point?
Rédigé par JC le 22 mars 2007 — Publié dans OVNI, Brèves
Mise à jour 30 mars : le site du GEIPAN semble enfin fonctionner normalement. Pour l’instant, la recherche des cas d’observation d’ovnis se limite à la sélection des départements sur une carte de la France.
Mise à jour 27 mars : le système a commencé à fonctionner aujourd’hui. La section «Documentation» offre une liste de documents PDF (dont plusieurs étaient déjà disponibles sur Internet), et le téléchargement fonctionne bien. La section «Recherche» était accessible plus tôt ce matin mais ça ne semble plus être le cas actuellement. Pendant les quelques minutes que j’ai eues pour essayer le moteur de recherche, j’ai pu établir une liste des cas d’ovnis inexpliqués (classe «D») déjà en ligne. J’en ai dénombré 60, qui sont identifiés par le nom du cas, la date, la région et le département de l’incident. Au total, il y avait 13 pages de cas des classes «A» à «D»; à 20 incidents par page, cela donne un nombre total de cas compris entre 241 et 260. Pour les curieux, j’ai mis les deux listes dans les commentaires qui suivent cette note.
Mise à jour 23 mars : le serveur est de retour en ligne bien qu’il soit d’une extrême lenteur. Je viens d’accéder à la page d’accueil du portail des archives du GEIPAN où une courte note indique que les dossiers de 350 cas d’observation d’ovnis - ce qui représente près de 25% des archives - sont accessibles en ligne pour le lancement. Ces cas d’ovnis représenteraient «une partie importante des observations terrestres faites au cours des 20 dernières années». Pas moyen d’aller plus loin pour l’instant. J’ai l’impression que le CNES était loin de se douter que ces archives susciteraient autant d’intérêt. Il faut dire que la nouvelle a fait le tour du monde; même les sites américains en parlent, c’est tout dire. La suite (peut-être) ce week-end.
À la fin décembre, on pouvait lire dans les médias que 100 000 pages des archives du Groupement pour l’Étude et l’Information sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés (GEIPAN) du CNES (Centre National d’Études Spatiales, France) seraient graduellement mises en ligne à partir de la fin janvier. Quelques semaines plus tard, un article britannique précisait que les journalistes avaient mal compris les propos du CNES, et que les documents seraient offerts sur Internet à partir du mois de mars. (Pour l’anecdote, je me suis abonné hier matin au flux RSS du site du CNES afin d’être averti immédiatement du lancement des archives, drôle de hasard )
Voilà donc que le CNES donne un accès public aux dossiers de 1600 cas de «phénomènes aérospatiaux de type D, inexplicables […] en dépit de la précision des témoignages et de la qualité des éléments matériels recueillis», autrement dit des rapports d’observation d’ovnis qui n’ont pas pu être expliqués par des méprises ou des phénomènes naturels.
Ces dossiers proviennent du GEPAN (Groupe d’Études des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) créé en 1977 puis remplacé par le SEPRA (Service d’Expertise des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques) en 1988, avant de devenir le GEIPAN il y a quelques années.
Ces 100 000 pages de documentation se rapportent à 1600 cas d’observation d’ovnis et contiennent 3000 procès verbaux et environ 6000 témoignages. La totalité de ces documents (procès verbaux de gendarmerie, rapports d’expertises, croquis réalisés par les témoins, séquences vidéo et audio, etc.) ne sera disponible que dans quelques mois car la mise en ligne sera graduelle.
«Le GEIPAN espère attirer l’attention de la communauté scientifique sur ces phénomènes inexpliqués derrière lesquels se cachent peut-être de véritables révolutions scientifiques.»
Voilà, tout ceci est bien alléchant mais… bien que le portail principal des archives du GEIPAN soit actif, je suis incapable d’accéder à la documentation et les recherches faites avec le moteur ne donnent aucun résultat. Ensuite, on dit qu’il y a une erreur et que le service n’est pas disponible. Le serveur est-il déjà surchargé? Peut-être pourra-t-on y accéder plus tard aujourd’hui… En tout cas, je surveille ce site de temps en temps, et je ferai des mises à jour de ce billet lorsqu’il y aura des changements. Et si vous faites de belles découvertes dans ces archives, ne vous gênez pas pour les partager dans les commentaires. Bonne lecture.
En attendant, vous pouvez toujours écouter les podcasts audio du CNES en partenariat avec Ciel & Espace : Jacques Patenet, responsable du GEIPAN, à propos de la publication de ces dossiers d’ovnis sur Internet et Pierre Lagrange, anthropologue des sciences, qui parle du phénomène ovni en général.
J’ai écrit ce court texte dans le cadre du jeu-hommage «à la manière de», lancé dans la blogosphère québécoise par Geneviève reçoit. Il consiste à publier un billet qui tente d’imiter le style d’un autre blogueur, Dominic Arpin (photo ci-contre) dans le cas présent.
______________________________
Vous vous souvenez de vos cours de géométrie à l’école? Calculer des circonférences ou des aires de cercles, trapèzes, parallélogrammes ou losanges. Ça vous rappelle de bons souvenirs? Moi j’étais plutôt bon en géométrie, avec les figures en deux dimensions. Mais quand on en ajoutait une troisième, ça pouvait déjà se compliquer au point que je cherchais ma bouteille de Tylénol juste à lire la question de certains problèmes. Et je ne parle pas de mes cheveux.
Maintenant, imaginez qu’on vous pose un problème avec une quatrième ou une cinquième dimension. Par exemple, regardez sur Youtube cette rotation d’un cube en quatre dimensions. Ça ne vous donne pas le vertige? Moi oui. Si vous êtes déjà étourdis, arrêtez de lire parce que, pour compliquer un peu plus les choses, les physiciens qui étudient la théorie des cordes disent que nous vivons dans un univers à dix dimensions. Dix dimensions! Ouf… Ésotérique, vous dites? Peut-être pas tant que ça. Des chercheurs de l’Université Wisconsin-Madison annoncent ici qu’ils pensent avoir trouvé une façon de tester la théorie des dix dimensions en étudiant le rayonnement cosmique issu du Big Bang, ou quelque chose du genre… J’ai bien hâte de voir ce que ça donne.
Tiens, tout ça me fait apprécier mon travail de journaliste-blogueur québécois qui oeuvre dans un univers médiatique comportant beaucoup moins de dimensions. Eh oui, je parle de la convergence…
Il y a plus ou moins un an, je me suis levé un matin en me disant que j’allais créer un blog qui traiterait du paranormal et de l’insolite, mais d’une façon un peu différente (j’entends par là quelque chose de plus consistant que des galeries de photos truquées avec de courts textes écrits en langage SMS ). Vers la mi-décembre 2005, j’installais un compteur sur mon tout nouveau blog et, un an plus tard, Statcounter m’indique que 90 000 visiteurs auraient vu un total de près de 180 000 pages. Ci-dessous, le graphique illustre la progression du nombre de visiteurs (en bleu) et des pages vues (en vert) depuis la mi-décembre 2005 (les petites divisions verticales indiquent les centaines, une ligne horizontale indique une tranche de 500 visiteurs ou pages).
Où sont localisés ces visiteurs? D’abord plus de deux sur trois sont Européens selon Google Analytics (décembre 2006) :
Google Analytics m’indique aussi que 27% des visiteurs reviennent sur ce blog (davantage si ce système est basé sur les cookies parce que certaines personnes les suppriment régulièrement). Ça semble peu à première vue mais c’est probablement normal.
Qui sont les autres 73%? Principalement des gens qui proviennent des moteurs de recherche (Google dans près de 90% des cas) à la recherche d’une information précise et qui repartent ensuite pour ne jamais revenir, sauf peut-être par hasard lors d’une autre recherche. À voir la liste des mots-clés les plus fréquents (par exemple le classique «photos de fantômes» qui dirige vers L’évolution des photos de «fantômes»), mon petit doigt me dit que beaucoup de ces visiteurs repartent bredouilles.
Voilà. Je ne vous assomme pas plus longtemps avec des statistiques. Je voulais simplement souligner en vitesse ce premier anniversaire. Rendez-vous dans un an pour d’autres statistiques, si ce blog existe encore (on ne sait jamais).
Comme promis, voici, en guise de remerciement, une liste des blogs qui ont déjà mentionné mon blog du paranormal et de l’insolite dans un billet ou dans leur liste de liens. (La liste est principalement basée sur Technorati et Google. Si vous pensez que votre blog devrait figurer ici, vous pouvez l’indiquer dans les commentaires ci-dessous.)
Rédigé par JC le 6 décembre 2006 — Publié dans OVNI, Brèves
Vous vous demandez à quoi peut ressembler le travail d’enquête d’un ufologue sur le terrain? Pour vous en faire une petite idée, et par la même occasion avoir un bref aperçu de la vague belge d’ovnis 1989-1990 (principalement des objets triangulaires), je vous invite à regarder l’excellent documentaire de 26 minutes présenté sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie dans le cadre de l’exposition «Seuls dans l’Univers? De la fiction à la réalité». (Photo ci-contre : couverture d’un ouvrage de la SOBEPS, SOciété Belge d’Étude des Phénomènes Spatiaux.)
La vidéo «En quête d’ovnis» (vous aurez noté le jeu de mots subtil ) présente, entre autres choses, des ufologues en train d’interroger des témoins sur les lieux des faits allégués et de recouper des témoignages afin de reconstituer une séquence d’événements. Ne vous inquiétez pas, vous y verrez aussi une vidéo d’ovni : les lumières en formation triangulaire qui ont été filmées au-dessus de Bruxelles dans la nuit du 30 au 31 mars 1990. Le documentaire a été produit en 1991 par la Cité des sciences et de l’industrie, mais je ne pense pas que le travail d’ufologue de terrain ait beaucoup changé depuis.
Après 27 ans de recherches, le laboratoire PEAR (Princeton Engineering Anomalies Research, logo ci-contre) fermerait ses portes le printemps prochain, selon une publication interne de l’université. Depuis la fin des années 1970, les chercheurs de ce laboratoire ont surtout étudié la possibilité d’une influence de l’esprit sur la matière (avec des générateurs aléatoires, des robots, etc.) et des perceptions à distance. La cause de cette fermeture? Le manque de fonds. Robert Jahn, le fondateur du projet, conclut des expériences que «les anomalies sont réelles et qu’elles peuvent être étudiées scientifiquement avec de grandes bases de données». Mais ce n’est certainement pas l’avis de tous et, comme on pouvait s’y attendre, des «sceptiques» se réjouissent de la fermeture de ce projet. Pendant toutes ces années, les chercheurs du labo PEAR ont publié environ 200 articles, souvent dans le Journal of Scientific Exploration (voir par exemple Overview of Several Theoretical Models on PEAR Data, Journal of Scientific Exploration, Vol. 14, No. 2, pp. 163–194, 2000 [PDF] - à fuir si vous n’aimez pas les stats ).
Ensuite, sur le site de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS), j’ai pu lire un article qui a attiré mon attention : «Gary Kurtz, le charlatan adulé des médias». Or, après avoir vu la vidéo de la prestation de Gary Kurtz sur le site de Canal + (Le grand journal de Michel Denisot, avant-dernier segment du 21 novembre), émission où il tente de deviner des dessins alors qu’il a les yeux apparemment bien bandés, l’article de l’AFIS me semble grandement exagéré et rempli de subjectivité. Gary Kurtz est un mentaliste, c’est-à-dire un illusionniste qui se spécialise dans les tours qui simulent des capacités paranormales, mais il précise très clairement qu’il est un «magicien de l’esprit». Et qui dit magicien dit illusion. C’est vrai qu’il laisse planer un doute quand on lui demande directement s’il y a un truc, mais ça fait partie de son rôle d’artiste. C’est un spectacle. (Vous avez déjà entendu parler de marketing?)
Enfin… je n’ai pas vu d’autres apparitions publiques de Gary Kurtz mais si je me fie sur Le grand journal, la suite de l’article est étonnante : le magicien devient un charlatan du paranormal qui bénéficie de la complicité des médias pour duper le pauvre public, et on suggère un test réalisé par des zététiciens. J’ai envisagé l’humour au énième degré mais je ne crois pas que ce soit le genre de la maison (pas intentionnellement du moins). Et en plus, on se permet une erreur en racontant les faits ; pour le dessin mal identifié (censé représenter un chat), l’illusionniste a déclaré que c’était un lapin (avec les longues oreilles du dessin, je me serais peut-être aussi trompé). Vaut mieux lire ça que d’être aveugle…
En audio maintenant, Internet vous permet d’écouter Exocet du réseau RAJE, une émission radio consacrée aux choses étranges, paranormal, frontières de la science, légendes urbaines, phénomènes insolites, personnages hors du commun, ovnis, etc. On vous propose des recherches bien documentées dans une ambiance détendue, avec de l’humour, un oeil critique et des participants sympathiques (d’ailleurs Patrick, l’animateur d’Exocet, m’indique qu’il est un lecteur régulier de mon blog ). Ces émissions sont offertes en podcasts ou en téléchargement MP3 dans le blog officiel Exocet-Raje.net.
En terminant, je voulais souligner le lancement relativement récent d’un nouveau blog sur la parapsychologie intitulé Public Parapsychology. Comme son nom l’indique, l’auteur cherche ici à sensibiliser le grand public à ce secteur, et propose au menu les dernières nouvelles de la recherche, la publication d’articles, la tenue de conférences, les nouvelles dans les médias, le lancement de livres, etc.
Rédigé par JC le 22 novembre 2006 — Publié dans Insolite, Brèves
Le corps possède-t-il une «mémoire cellulaire» intelligente (et «paranormale») capable de déterminer le contenu d’un flacon non identifié, l’efficacité des médicaments et même la meilleure posologie? C’est ce que prétendent des adeptes de la «kinésiologie appliquée», une médecine douce dont les bases ont été jetées en 1964 par le chiropraticien américain Georges Goodheart.
(Ne pas confondre avec la «kinésiologie théorique», une discipline enseignée à l’université qui consiste à étudier le «mouvement humain dans la pratique de l’activité physique», selon Wikipédia)
Toujours est-il que je viens de voir un reportage de Zone Libre portant principalement sur le charlatanisme dans les médecines alternatives («Les ratés des médecines douces», émission du 17 novembre à télécharger du site de la chaîne Radio-Canada) et que j’ai pu y voir une démonstration intéressante sur le «test du bras» (photo SRC), une pratique qui semble assez courante chez les naturopathes.
De quoi s’agit-il? Le patient tient une substance dans sa main gauche (par exemple un médicament) et positionne son bras droit à l’horizontale. Le patient déclare alors à haute voix : «ce produit est bon pour moi», et le «thérapeute» tente de baisser son bras droit. Si le bras reste à l’horizontale, l’affirmation est jugée vraie (donc le produit est bon) et, inversement, le produit est déclaré mauvais si le bras peut être ramené à la verticale. Bref, le corps pourrait deviner le contenu d’un flacon et répondrait par le biais de la tension dans les muscles du bras et de l’épaule. Ça ressemble drôlement à un art divinatoire, ou même à la radiesthésie.
Évidemment, ce type d’affirmation peut être testé. Les reporters ont trouvé une sommité en kinésiologie appliquée : Hedwige Fluckiger, une «psychokinésiologue» qui aurait enseigné ce «test du bras» à des centaines de naturopathes de la belle province. L’expérience commence vers la dixième minute de la seconde partie de la vidéo, qui se charge automatiquement après le premier segment de 23 minutes.
Comme un des deux reporters prend déjà des gouttes contre le glaucome (d’où le titre subtil du billet ), le test consiste à trouver la substance qui sera «bonne pour lui». Son médicament fait partie des cinq échantillons testés et les quatre autres contiennent quelques gouttes de substances pas très indiquées pour les yeux, par exemple du vinaigre. Bien entendu, tous les flacons sont identiques et ont été numérotés par une troisième personne, la seule qui connaisse la correspondance entre les chiffres et les contenus des échantillons. Après cinq tests du bras, la sommité en kinésiologie appliquée rend son verdict : c’est le flacon contenant du dissolvant pour vernis à ongles qui est bon pour le reporter. Et - pourquoi s’en priver? - un autre test du bras permet de déterminer la meilleure posologie.
Mouais… C’est vrai que l’expérience a ses défauts et que le nombre d’essais est très faible mais, personnellement, j’aimerais bien voir un pourcentage de succès très, très près de 100% quand il est question de santé.
Dommage, on ne nous montre pas la tête de la dame quand on lui annonce le résultat du test. Peut-être dans la seconde partie du reportage, qui sera diffusée le vendredi 24 novembre à la télévision (et qui devrait être offerte sur le Web ensuite).
… et jusqu’au coude. Non, ce n’est pas un doublon du billet précédent. Commençons par le début. D’abord, sans que j’en sois averti, mon blog est passé aux «Francs-Tireurs» (ci-contre, une photo tirée de l’émission). Oui, oui, à la télévision. Mais ce n’est qu’un petit détail ; la suite est bien plus savoureuse. L’émission portait sur les théories conspirationnistes (surtout 911) et on pouvait y voir un partisan des complots parlant de l’ovni de la Place Bonaventure. Problème toutefois (très gros problème, en fait), une personne de l’émission n’a pas compris mon billet (dont le contenu est exact, je précise) et le reporter Patrick Lagacé a par conséquent présenté des informations totalement fausses. Plutôt dramatique quand on pense qu’il tentait ainsi de prouver que le fan des complots inventait ou déformait les faits.
(Bon, attendez un peu que je reprenne un peu mon souffle… c’est trop hilarant.)
Je vous raconte l’histoire en détail. L’émission «Les Francs-Tireurs» de Télé Québec, édition du 8 novembre 2006, a présenté un dossier intitulé «Les théories du complot». Mise en situation : Patrick Lagacé, un journaliste et chroniqueur très en vue, était à Sherbrooke pour assister à la conférence d’un «gourou» des conspirations qui se présente sous le nom de «Nenky». Environ 10 minutes après le début de l’émission, le journaliste tente d’établir le contact avec un groupe d’adeptes à l’extérieur de la salle de conférence. Un partisan des conspirations sur les ovnis s’avance et déclare :
Quand une personne voit une soucoupe volante : «Ha! C’est un idiot, c’est un imbécile!». Ils sont 50. Il y a des pilotes d’avion qui en ont vu, des policiers qui en ont vu, un paquet de gens. Des astronautes qui en ont vu et qui l’ont dit, et il [n’]y a personne qui les croit… À Montréal, il y a eu un incident, c’était au-dessus de la place Bonaventure, tous les papiers ont [été] sortis des postes de police par une compagnie qui s’appelle Norad. Je ne sais pas d’où elle sort, je ne sais pas d’où elle vient. Comment se fait-il qu’il n’y a[it] pas de journaliste qui enquête là-dessus et qui vérifie ça? C’est pour ça que c’est difficile de parler pour les gens (les adeptes), puis ils s’éloignent.
Ensuite, la caméra parcourt de haut en bas une page Web que je connais bien. Je me frotte les yeux… oui, il s’agit bien d’un billet de mon blog - Un cas d’ovni qui éclaire notre lanterne - et il est censé fournir la preuve que les informations du dernier commentaire étaient erronées. Voix hors champ de Patrick Lagacé :
Vérification faite : en 2006, il y a bien eu des objets bizarres dans le ciel de Montréal mais il semble que c’était des montgolfières miniatures. Bien sûr, peut-être qu’on nous ment.
… ou peut-être qu’on est incapable de lire complètement un texte et de le comprendre. Ce que dit Patrick Lagacé ici est totalement faux. En lisant mon billet, celui qu’on montre à l’écran, on devrait immédiatement comprendre qu’il traite de deux cas d’ovnis totalement différents. (Soit dit en passant, à aucun moment on ne mentionne le nom de mon blog et on évite soigneusement de montrer à l’écran son adresse Internet.)
Le premier cas d’ovni (2006) a été rapidement élucidé ; il s’agissait d’une illusion créée par trois lanternes thaïlandaises (les «montgolfières miniatures» sur la photo d’écran tirée de l’émission) lancées dans le ciel lors d’un mariage. Le second, survenu en 1990, est le cas de la Place Bonaventure dont parlait l’intervenant. Le rapport d’enquête sur ce dernier cas a conclu en 1992 qu’il s’agissait probablement d’un objet physique de 540 mètres de diamètre.
Comment une erreur aussi grotesque a-t-elle pu se glisser dans une émission d’enquête qui se veut sérieuse? Mon petit doigt me dit que les recherchistes étaient trop pressés. J’ai envoyé un courrier à l’équipe de l’émission pour souligner l’erreur et, par la même occasion, pour demander pourquoi on ne cite pas les sources. Si jamais on me répondait (certainement pas avant le début de la semaine prochaine), je publierai une mise à jour ci-dessous.
Voilà. Maintenant je parie que plus personne des médias n’osera parler de mon petit blog ou le citer. Et si vous vous intéressez au «conspirationnisme» et que vous souhaitez vous mettre quelque chose de nettement plus consistant sous la dent, je vous suggère l’entretien avec Pierre Lagrange dont je parlais ici.
Mise à jour (lundi 27 novembre 2006) : J’ai donc expédié un premier message à l’équipe des «Francs-Tireurs» le 18 novembre puis, devant l’absence de réponse, un second le 21 novembre. Ce n’était pas pour insister mais simplement pour m’assurer que le premier n’avait pas été bloqué par un filtre antispam.
N’ayant toujours pas reçu de réponse le week-end dernier (donc une semaine plus tard), je soumets une version un peu allégée de ce billet au média citoyen CentPapiers.com. Le matin du 27 novembre, l’article apparaît en ligne ici. Quelques heures plus tard (drôle de hasard, non? ), je reçois un courrier de Patrick Lagacé lui-même, le coanimateur de l’émission.
(Deux heures après le message de Patrick Lagacé, un accusé de réception du service des relations avec l’auditoire de Télé Québec m’indique que mes commentaires avaient été transmis aux «personnes concernées», ce que je savais déjà).
Bref, dans son message, Patrick Lagacé m’assure qu’«on se penche sur la question» et que «s’il y a eu erreur, […] nous allons corriger la chose». Voilà. La suite dans une prochaine mise à jour.
Mise à jour (dimanche 10 décembre 2006) : J’ai reçu un autre courrier de Patrick Lagacé, dans lequel il m’indique : «Nous avons l’intention de faire une sorte de correction au retour des fêtes». J’en conclus donc que l’équipe des «Francs-Tireurs» reconnaît qu’elle a confondu deux cas d’ovnis très différents dans son émission «Les théories du complot». Par contre, M. Lagacé estime qu’il s’agit d’une méprise d’importance mineure : «il ne s’agit pas d’une erreur gigantesque, tout au plus une imprécision regrettable».
(Désolé pour le titre sensationnaliste, vous allez comprendre.) Je ne sais pas depuis combien de temps ça dure, mais je viens de m’apercevoir que mon petit blog - celui que vous lisez en ce moment - figure dans la liste de liens externes de l’article de Wikipédia sur la parapsychologie, rien de moins.
J’avoue que je ne sais pas ce que je dois en penser. C’est vrai que j’ai écrit quelques billets sur des recherches qui s’apparentent à la parapsychologie, mais mon blog est-il pour autant une ressource digne de figurer dans la liste des liens d’un article de Wikipédia? Sincèrement, je ne le crois pas. Mais en même temps, c’est vrai que je suis un peu flatté. J’ai même pris une photo d’écran au cas où le lien disparaîtrait de la page.
[Je sais bien que Wikipédia est un site ouvert où tous les internautes peuvent apporter leur contribution (il est donc faillible même s’il existe certainement des mécanismes de protection contre les abus), mais il est souvent cité comme un site de référence de bonne qualité.]
Autre remarque importante, le «blog du paranormal et de l’insolite» est inclus dans la liste «Liens externes autour de la parapsychologie». Drôle d’expression, n’est-ce pas? Est-ce parce qu’il existe trop peu de vraies ressources sur la parapsychologie en français - comme le site de l’Institut métapsychique international et d’autres qui font partie de ma liste de liens externes sur ce blog - qu’on doive élargir la liste et inclure des sites qui se contentent d’évoquer plus ou moins directement (ou fréquemment) le sujet?
Soit dit en passant, sur la version anglaise de l’article sur la parapsychologie de Wikipédia, on retrouve dans les liens externes les sites d’organismes de recherche indépendants, de départements d’universités qui mènent des recherches et quelques sites très connus dans le domaine. Que peut-on en conclure?
Cette catégorie de sites est complétée par des «Liens externes sceptiques sur la parapsychologie», parmi lesquels on retrouve les sites d’Henri Broch, de Susan Blackmore et autres CSICOP. (Les zététiciens ne doivent pas souvent fréquenter cet article : un site qui prétend fournir des méthodes pour développer des capacités de télékinésie a réussi à se faufiler dans cette liste!)
Ensuite, tout en haut de la page de l’article de Wikipédia, on peut lire qu’il «provoque une controverse de neutralité» et qu’il «convient donc de le considérer avec précaution». De quoi s’agit-il? Le 21 juin 2006, un internaute qui s’identifie comme un «fervent défenseur de la zététique» a estimé qu’il y avait un problème de «non neutralité» parce que, selon lui, l’article en question avait été rédigé par «un (des) adeptes de la parapsychologie».
(Bref, mon blog du paranormal semble classé dans les sites plus ou moins neutres, ou même plutôt favorables à la parapsychologie si on regarde d’autres sites de la même liste. Mais ce n’est pas l’avis de tous ; il y a quelques mois j’ai vu avec surprise que mon petit blog avait été intégré à une liste de «ressources sceptiques» sur le Web.)
Pourtant, on trouve des phrases passablement neutres dans l’article de Wikipédia, par exemple : «En effet, l’existence même de son sujet d’étude n’est pas prouvée, et est régulièrement remise en question». En outre, l’auteur s’attarde longuement sur les «problèmes» de la parapsychologie : reproductibilité, absence de théorie pour expliquer les éventuels phénomènes, effet de l’expérimentateur et… le manque de moyens. J’ai l’impression que c’est peut-être sur ce dernier point que le sceptique extrême pourrait se sentir interpellé. On y déclare que (et je cite) :
Les recherches effectuées dans le domaine de la parapsychologie depuis près d’un siècle ont été effectuées avec les mêmes moyens que ceux dévolus aux départements de psychologie américains pendant deux mois. Cela permet d’expliquer en partie la raison pour laquelle les parapsychologues ont de grandes difficultés à mettre en place des recherches. Il faut ajouter à cela le nombre faible de chercheurs travaillant à temps plein dans ce domaine.
En supposant que ces données soient exactes (je n’ai pas pu les vérifier), on peut s’interroger. Comment peut-on réaliser des recherches de qualité, en quantité suffisante, et avec des équipements adéquats et de bons protocoles, si l’on ne dispose pas des budgets nécessaires? J’ai l’impression que ce genre d’argument irrite beaucoup ceux qui sont déjà persuadés que les phénomènes paranormaux n’existent pas et qu’il est donc totalement ridicule de dépenser de l’argent pour tester ce type d’hypothèse.
N’empêche que la définition de la parapsychologie proposée sur Wikipédia est nettement plus objective que celle qu’on peut lire ailleurs, comme dans cet article récent du journal La Presse.
Rédigé par JC le 5 novembre 2006 — Publié dans Paranormal, Brèves
Il y a quelques mois (je me demande même si ce n’était pas l’été dernier), je suis tombé par hasard sur une page de l’agence Science-Presse qui annonçait qu’un blog intitulé «La science sceptique» serait lancé… «bientôt». Depuis, je surveillais de temps en temps cette page qui semblait être figée dans le temps mais, la semaine dernière, j’ai vu un premier message qui annonçait son ouverture officielle.
Ce matin, j’ai pu y lire un billet très intéressant sur la vie du magicien Harry Houdini, sans réaliser sur le coup qui était Normand Baillargeon, l’auteur de ce blog. En fait, je le connaissais sans le savoir. Enfin, le connaître est un bien grand mot ; disons que j’ai entendu parler de lui l’an dernier lors de la publication de son ouvrage sur le développement de la pensée critique : son Petit cours d’autodéfense intellectuelle. (Notez que ce lien chez l’éditeur Lux vous fournit un accès à trois interviews radio que vous pouvez télécharger du site de Radio-Canada.)
Dans ces entretiens audio, on apprend que Normand Baillargeon (Wikipédia) - auteur de plusieurs ouvrages et articles, et professeur à la faculté de l’Éducation de l’UQÀM - a écrit ce bouquin pour fournir au public des outils lui permettant d’analyser l’information (et surtout la désinformation) provenant des médias, de la publicité, des firmes de relations publiques, etc., et aussi - ce qui m’intéresse particulièrement ici - pour lui permettre de se protéger contre la «prolifération du paranormal».
Ce livre contient donc ce que l’auteur appelle un «kit de détection de poutine*», la traduction québécoise du célèbre «baloney** detection kit» de l’astronome américain Carl Sagan.
Bref, ce blog et le mien pourraient donc parfois aborder les mêmes sujets (paranormal, insolite, études scientifiques, etc.), mais pas nécessairement selon la même perspective (ou sans parvenir à la même conclusion).
__________________________
* Pour les visiteurs qui ne connaîtraient pas la poutine, il s’agit d’un fast food typiquement québécois, et non pas russe . Présentation en vidéo sur YouTube et opinion d’Aurélie au Canada, une Française qui aime bien cette mixture de frites et de fromage!
** Version américaine de la mortadelle. En slang, signifie «absurdité» ou «bêtise».
Comme je n’ai pas beaucoup de temps pour écrire ces jours-ci, j’ai pensé vous proposer rapidement quelques sujets qui ont attiré mon attention, et qui pourraient donc vous intéresser si vous faites partie du petit groupe des internautes qui visitent régulièrement mon humble blog.
Je souligne d’abord le passage d’Henri Broch aux «Aventuriers de l’étrange» de Sud Radio. Pendant l’entretien qui dure près de 15 minutes, le célèbre zététicien parle principalement des sourciers et des expériences scientifiques qui ont été menées dans le but de tester l’existence d’une éventuelle capacité paranormale permettant de détecter l’eau souterraine. La sourcellerie est un des sujets qu’Henri Broch aborde dans son dernier livre qui s’intitule Gourous, sorciers et savants (éditions Odile Jacob : ISBN 2-7381-1739-2, août 2006, 155 x 240, 224 pages).
Ensuite, j’ai vu que Dean Radin - le président de la Parapsychological Association depuis 1988 - a annoncé sur son blog Entangled Minds qu’il venait de publier les résultats d’une recherche suggérant que l’esprit humain pourrait influencer la formation de cristaux de glace. Dean Radin a réalisé ces travaux avec la collaboration de Masaru Emoto, un Japonais qui travaille depuis plusieurs années sur cet étrange sujet. Que se passe-t-il quand 2000 personnes à Tokyo tentent de diriger des «pensées positives» vers des échantillons d’eau qu’on s’apprête à congeler dans un laboratoire de la Californie? Les cristaux de glace examinés au microscope offriraient un plus grand «attrait esthétique» que les échantillons témoins. L’article est publié dans la revue Explore: The Journal of Science and Healing (Radin, D. I., Hayssen, G., Emoto, M., & Kizu, T. (2006). Explore, September/October 2006, Vol. 2, No. 5). Une affaire à suivre.
En audio et vidéo maintenant, le blog Fréquence Ovni nous présente depuis quelques mois des podcasts MP3 et des extraits d’émissions de radio et de télévision qui se rapportent à l’ufologie. Au menu : les triangles de la vague belge, la vidéo originale de l’affaire Dewilde (1954), l’actualité radio annonçant l’écrasement d’un vaisseau à Roswell (1947), des entretiens avec Jean-Jacques Velasco et Jacques Vallée, etc.
En anglais, LiveScience présente un article qui traite des photos de «fantômes», et en particulier des taches blanches qu’on appelle parfois «orbes». L’auteur souligne que rien n’indique que ces cercles lumineux soient autre chose qu’une réflexion du flash des appareils-photo sur les grains de poussière ou les gouttes d’eau (sous la pluie). Dans le même ordre d’idées, la chaîne américaine WOAI présente une série d’enregistrements audio de transcommunication instrumentale (ou EVP) censés contenir de courtes phrases qui auraient été prononcées par des «esprits». D’aucuns diraient que ce sont de beaux exemples de paréidolie auditive.
Enfin, dans le dossier Halloween de La Presse (dont je parlais hier), on peut lire la reprise d’un article de l’AP sur les travaux Costas Efthimiou, un physicien qui s’amuse à souligner les invraisemblances des phénomènes paranormaux présentés au cinéma. Le chercheur démolit les fantômes d’Hollywood en expliquant que s’ils peuvent passer à travers les murs, ils ne devraient pas être soutenus par un plancher et, à l’aide d’un petit calcul, il montre que nous serions tous des vampires depuis longtemps si l’on se basait sur certains scénarios du cinéma américain. L’article original Ghosts, Vampires and Zombies de Costas Efthimiou et Sohang Gandhi a été publié en août 2006 (article complet en PDF).
Saviez-vous que la parapsychologie est une pseudoscience qui étudie les ovnis, les agroglyphes (crop circles), la sorcellerie (magies blanche et noire), le surnaturel et le spiritisme? Moi non plus, mais c’est ce que j’ai appris en lisant Qu’est-ce que le paranormal, une «collaboration spéciale» signée Jade Bérubé que le journal québécois La Presse a publié hier dans le cadre d’un dossier sur l’Halloween. Si le but de ces textes était de faire peur aux lecteurs, c’est parfaitement réussi pour ceux qui savent ce qu’est la parapsychologie.
À une époque où des voyants, marabouts et autres soi-disant spécialistes du paranormal se déclarent faussement «parapsychologues», on pourrait facilement se passer d’un tel article dans «le plus grand quotidien français d’Amérique».
Au risque de me répéter (mais je crois qu’on ne le dira jamais trop souvent), la parapsychologie est l’étude rationnelle et expérimentale de phénomènes tels que les perceptions extrasensorielles et la psychokinèse (éventuelle influence de l’esprit sur la matière). Si la journaliste de La Presse avait fait une recherche dans Google, elle aurait pu trouver cette définition dans Wikipédia, et éviter de propager des informations erronées:
La parapsychologie est l’étude rationnelle, approfondie, et pluridisciplinaire de phénomènes semblant inexplicables en l’état actuel de nos connaissances scientifiques et qui mettraient en jeu le psychisme et son interaction avec l’environnement. Les parapsychologues distinguent en particulier la parapsychologie expérimentale qui tente d’étudier ces phénomènes dans le cadre du laboratoire.
Les parapsychologues différencient généralement:
- Les perceptions extra-sensorielles (PES): clairvoyance, précognition, télépathie;
- La psychokinèse (PK) : macro-pk (sur des objets de taille «normale»), micro-pk (au niveau quantique), bio-pk (sur des organismes vivants).