Explication du paranormal? Le Modèle de l’Information Pragmatique: les postulats - Blog du paranormal et de l'insolite

Explication du paranormal? Le Modèle de l’Information Pragmatique: les postulats

Rédigé par Basile le — Publié dans Parapsychologie

walter von lucadouDans la continuité de notre billet sur les théories observationnelles, nous allons présenter l’une de celles qui s’appliquent le mieux aux données de la parapsychologie.

Autant le dire tout de suite: c’est complexe, tellement que mon exposé ne serait qu’une affreuse tentative de vulgarisation. N’hésitez donc pas à poser des questions. Il y a si peu de théories en parapsychologie qui tiennent vraiment la route, se basant sur ce qui est connu en science pour le prolonger et conquérir l’inconnu. Pour captiver votre attention, la tâche qui consiste à explorer les coins et les recoins de ce modèle sera découpée en trois épisodes.


Walter von Lucadou (photo IMI) est docteur en physique et en psychologie, formé en parapsychologie à l’Institut pour les zones frontière de la psychologie et l’hygiène mentale (IGPP) de Freiburg, en Allemagne, et à l’Université d’Utrecht. Il dirige depuis presque 20 ans une clinique parapsychologique reconnue d’utilité publique et subventionnée par l’État, dans le cadre de la Société Scientifique pour le Progrès de la Parapsychologie (WGFP).

Depuis 1974, soit 35 ans, il développe un modèle théorique général en parapsychologie: le Modèle de l’Information Pragmatique, ou «Model of Pragmatic Information». Ce modèle est au centre de toutes les attentions en Allemagne et trouve des applications, notamment dans le champ clinique. Il a fait l’objet de nombreux livres (aucun n’est traduit en français) et de nombreux articles, majoritairement dans des revues de parapsychologie (certains sont traduits sur le site de l’IMI).

Le premier postulat: une définition opérationnelle de l’effet psi

(Note: pour les termes techniques, veuillez consulter le glossaire en bas de page.)

Il est malheureusement courant de donner une définition négative du psi: connaissance sans sensation, influence sans force ou sans énergie… Comment la parapsychologie pourrait-elle devenir une science normale avec des définitions positives? Avec une définition en termes de «paranormal», la parapsychologie court toujours le risque de se faire phagocyter par l’évolution du savoir normal: Lucadou énonce cela comme «le problème de la connaissance préliminaire».

Ainsi commence une critique de fond de Walter von Lucadou. Il va proposer une nouvelle définition opérationnelle des phénomènes psi, c’est-à-dire une définition qui décrit simplement ce qui se passe dans la situation expérimentale. Nous allons suivre la mise en place de cette définition en utilisant comme support une expérience type de micro-PK.

Le sujet (ou les sujets) est placé face à un Générateur de Nombres Aléatoires (GNA), avec pour seule consigne «d’essayer d’influencer le GNA dans le but souhaité», «de faire de la psychokinèse» avec ce que cela implique implicitement dans le modèle rhinien («influence de l’esprit sur la matière»). Pour Lucadou, toutes les instructions semblent pouvoir se réduire à celles-ci. En retour, le sujet reçoit une information sous forme de feedback, dont les variétés sont très importantes pour la suite: un feedback essai par essai est différent d’un feedback à la fin d’une session; et un feedback complet (le sujet sait si le résultat obtenu valide ou invalide l’hypothèse testée) est différent d’un feedback partiel (le sujet perçoit un résultat mais n’a pas toutes les informations nécessaires à son interprétation). Même si le sujet n’a pas de feedback direct, il y a toujours un feedback dans le système car l’expérimentateur va vérifier les résultats.

Les interactions entre le sujet et le GNA forment une boucle qui permet de définir une clôture organisationnelle, c’est-à-dire que le couple sujet-GNA forme un système qui peut être perçu comme une unité close (tout comme un atome est une unité de par l’interaction d’un noyau et d’électrons), et qui définit dynamiquement ses frontières par les interactions entre ses parts constituantes. Ce système est appelé endosystème, et le point de vue du sujet appartenant à l’endosystème est nommé endoperspective. Le sujet et le GNA peuvent être considérés comme un sous-système dans l’expérience, en se permettant de discerner une hiérarchie de systèmes présents dans l’expérimentation. Il existe donc une autre perspective, celle de l’expérimentateur (ou des expérimentateurs), appelée exoperspective, et qui correspond au regard d’un système englobant la situation expérimentale.

Au sein de l’endosystème, l’effet psi peut tout à fait apparaître comme une «influence», c’est-à-dire comme un signal bidirectionnel parfait («la pensée du sujet agit sur le GNA»). De même, dans les cas spontanés, la personne concernée a souvent le «sentiment» de recevoir un «message télépathique». Mais ce que l’expérimentateur peut mesurer n’est en fait qu’une corrélation non-locale (ou holistique, ou encore «corrélation d’intrication») entre des variables psychologiques et physiques.

Il n’y a véritablement pas de communication télépathique, pas de transmission violant les barrières psychiques. En effet, à aucun moment l’effet psi n’est localisable: il n’y a pas de trace du psi, mais une mesure d’un effet global. Pour ne pas contredire l’invariance de Lorentz en mécanique quantique, il faut donc définir cette apparente influence sans recourir au concept classique d’information shannonienne. Ce nouveau concept alternatif sera l’information pragmatique (cf. un futur épisode). Le point de vue de l’expérimentateur oblige alors à considérer les signaux de l’endosystème comme des pseudo-signaux shanonniens.

On peut donner un exemple en sciences humaines: l’hypnose. Plaçons dans un endosystème un hypnotiseur qui «influence» un hypnotisé, comme le sujet tentant d’influencer le GNA. Du point de vue de l’hypnotiseur, il n’y a pas de véritable influence directe, mais une relation affective où des significations sont échangées entre l’hypnotiseur et l’hypnotisé. L’hypnotiseur peut par exemple se retrouver également en état d’hypnose (légère ou profonde). L’hypnotisé, quant à lui, est aidé par la croyance au pouvoir de l’hypnotiseur qui justifie toutes ses actions dissociées.

C’est seulement un observateur extérieur qui essayerait d’évaluer (mesurer) ce qui se passe dans l’endosystème qui diviserait celui-ci et briserait son autonomie. Dans l’exoperspective, l’influence de l’hypnotiseur sur l’hypnotisé sera évaluée comme une corrélation non-locale (la suggestion n’est pas un signal physique dont on pourrait localiser la trace) et sera rétrodictivement attribué à un pseudo-signal (effet de l’imaginaire, du subjectif, de l’affectif).

En réunissant tous ces paramètres, le sujet et, sous certaines conditions, l’observateur, doivent être considérés comme une part du système (physique et psychologique) qui est défini opérationnellement par un dispositif expérimental donné. Dans l’exemple, l’hypnose n’est pas quelque chose qui existe en soi, mais il y a une procédure hypnotique créant un tel système.

Si bien que Lucadou en arrivera à proposer sa propre définition positive du psi qui constitue le premier postulat du MPI: Les phénomènes psi sont des corrélations non-locales dans des systèmes psychophysiques auto-organisationnels qui sont induits par de l’information pragmatique générée par la clôture organisationnelle.

Un fondement systémique et quantique

Un des termes barbares de ce postulat est celui de «systèmes psychophysiques auto-organisationnels», qui correspond en fait à une description systémique de ce que seraient les systèmes vivants: un humain, une fourmilière, etc. Ceux-ci auraient une capacité d’autonomie (plus précisément, d’auto-organisation) que ne pourraient jamais atteindre les robots ou les autres systèmes artificiels (cf. Troublé & Lefeuvre, 2003). Beaucoup de scientifiques croient possible de fabriquer des robots ayant tous les caractères du vivant, que cela ne dépend que d’un niveau de complexité à atteindre. Il n’en serait rien: la capacité d’auto-organisation n’a jamais et ne pourra jamais être implémentée dans une machine. Les expériences prétendant le contraire dissimulent toujours l’ingéniosité humaine dans la préparation du dispositif.

On peut croire que ce premier postulat du MPI implique aussi une forme d’énergie créée par le système lui-même: en fait, pour Lucadou, il ne s’agit pas du tout d’une énergie physique créée ex nihilo. C’est plus fondamentalement une manipulation de l’information pragmatique, déjà présente dans tout échange d’informations. Il n’y a pas de violation de la physique. De tels systèmes vivants produisent leur propre «contenu significatif» ou leur «comportement propre» à partir de «bruit», ce qui est globalement en accord avec la thermodynamique classique.

La parapsychologie pourra alors être redéfinie comme l’investigation des effets non-locaux dans les systèmes vivants, alors que la plupart des scientifiques considèrent ces effets comme assez bien établis mais sans penser qu’ils jouent justement un rôle dans les systèmes vivants.

Le premier postulat évoque aussi la notion de «psychophysique», mais sans tomber dans un dualisme outrageant. Ce modèle entre dans la lignée des «théories observationnelles» (OTs), dans lesquelles les effets psi sont considérés comme des «effets-observateurs» quantiques.

Afin d’éviter certaines difficultés de la théorisation du psi, Walter von Lucadou choisit de dépasser la réduction physicaliste du modèle de Walker (1979) – qui aurait besoin de résoudre le problème du rapport entre le corps et l’esprit –, de compléter le modèle seulement phénoménologique de Schmidt (1975), et de partir d’un modèle plus général que celui de Jahn & Dunne (1986). Très influencé par la conférence de Genève de 1974, «Quantum Physics and Parapsychology», il se place plutôt du côté de la théorie des systèmes, car celle-ci peut être appliquée aussi bien à des problèmes psychologiques que physiques, simplement parce qu’elle ne dit rien du substrat physique du phénomène; elle a seulement à faire avec la structure de notre langage de description et avec la façon dont nous représentons les informations dérivant des expériences grâce à ce langage de description.

La théorie des systèmes a donc un caractère métathéorique qui lui permet de sortir du dualisme et de ses deux mondes incommensurables. Et contrairement aux autres théories observationnelles, ce point de vue systémique n’oblige pas à faire des hypothèses sur une interprétation spéciale de la fonction d’onde en physique ou de la physique quantique. La théorie de Lucadou n’est donc pas une interprétation parapsychologique de la physique quantique. Mais le lien entre physique quantique et parapsychologie ne repose pas constamment sur des analogies naïves.

En s’inspirant du travail de Lucadou, H. Atmanspacher, H. Römer et H. Walach ont créé la Théorie Quantique Faible (Weak Quantum Theory), qui étudie une généralisation des principes de la physique quantique pour permettre de comprendre certaines corrélations holistiques macroscopiques. (Cf. H. Atmanspacher, H. Römer & H. Walach, Weak Quantum Theory: Complementary and Entanglement in Physics and Beyond, Foundations of Physics 32 (2002) 379-406.)

Le Modèle de l’Information Pragmatique II – Second postulat

Il découle du premier postulat l’énonciation du second postulat fondamental du MPI: «Chaque essai pour utiliser les corrélations non-locales comme des transmissions de signaux provoque leurs disparitions, ou leurs conversions de manière imprévisible.» (Lucadou, 2003).

Pour clarifier le vocabulaire, disons que «tenter d’utiliser le psi comme un signal» équivaut à employer le psi pour transmettre une information shanonienne sans aucune incertitude. Or, en physique (quantique), on sait bien qu’une corrélation non-locale (ou holistique) ne peut pas porter d’information shanonnienne.

Lucadou considérant que le psi ne viole pas les lois de la physique, toute transmission d’un signal à partir d’un effet psi pourrait être considérée comme une intervention paradoxale dans la nature. Lucadou ne fait qu’appliquer les observations sur les corrélations non-locales au MPI, ce qui a fait dire au psychologue Ulrich Timm que ce second postulat était absurde et inutile. En fait, il ne l’est pas totalement, car il introduit l’élusivité comme compromis entre la mesure du psi comme corrélation non-locale et son utilisation comme un signal.

Il existe en fait divers effets d’élusivité (déclin, déplacement, inversion) que Lucadou décrit d’une manière générale comme «disparition ou conversion imprévisible». Cela ne veut pas dire que le psi n’existe pas, ou alors qu’on ne pourra jamais le mettre en évidence. Au contraire, ce postulat repose sur les nombreuses expériences de parapsychologie qui ont fonctionné, mais dont les résultats déclinent lentement au fur et à mesure qu’on les répète, ce qu’on ne pourrait attendre d’un simple artefact expérimental. Dans d’autres cas, les résultats s’inversent, mais restent significatifs. D’autres fois, l’hypothèse que l’on cherchait à confirmer n’est pas validée, et on se rend compte qu’il y a une anomalie à un autre endroit, comme si le phénomène s’était déplacé.

Le déclin, le déplacement et l’inversion procèdent du même phénomène qu’est l’élusivité. Lucadou fait du plus gros défaut apparent de la parapsychologie – la non-reproductibilité absolue de ses résultats – une caractéristique même du phénomène. Plutôt que de dire que depuis 130 ans les parapsychologues font mal leur travail, il dit que c’est dans la nature du phénomène de réagir aux conditions de son observation.

C’est aussi le cas des poltergeists où d’importants phénomènes de psychokinèse sont rapportés. Or, depuis 100 ans que l’on filme ou que l’on prend des photos de ces phénomènes, rien d’absolument convaincant n’a été obtenu. La même chose se présente en ufologie. Ce qui est très étrange est que le phénomène trouve toujours un moyen pour se défiler: on filme à droite, il se produit à gauche. Plusieurs témoins voient la même apparition et sur la photo on obtient une image qui n’y ressemble pas beaucoup. On filme une table qui lévite pour ensuite se rendre compte que la caméra n’enregistre rien ou que les images sont totalement floues, comme l’a constaté entre autres le psychologue Ken Batcheldor.

Les parapsychologues ont pourtant développé des systèmes ingénieux pour piéger le «psi en action». Hans Bender, spécialiste des poltergeists sur le terrain, avait placé dans une pièce où se produisaient souvent des phénomènes, une caméra qui se déclenchait grâce à des détecteurs de mouvements. Si un objet ou un tricheur lançant un objet passaient dans le champ des détecteurs, la caméra les aurait coincés. Et que se passe-t-il alors? Après une semaine où ce dispositif est resté en place, rien n’avait été enregistré. Tant pis pour les ghostbusters, mais tant mieux pour les gens qui vivaient là!

Présentée ainsi, l’élusivité n’est pas une théorie qui peut convaincre ceux qui ne croient pas que les phénomènes psi sont possibles, ou alors qui ne seraient capables d’accepter qu’un type bien précis et classique de psi. Je suis d’accord avec eux sur le principe: la science attend des phénomènes causaux, prédictibles et reproductibles. Le MPI se présente alors comme un gigantesque paradoxe, voire une stratégie immunitaire, qui tenterait de changer les règles du jeu scientifique. Mais ici, si on ne fait qu’appliquer ces trois critères, on peut passer à côté de tous ces phénomènes.

Les parapsychologues se retrouvent face à un choix épistémologique: faut-il forcer un phénomène à rentrer dans des cases qui ont été fondées et généralisées une fois pour toutes? N’assiste-t-on pas à une idéalisation de la physique mécanique du XIXe siècle dont la parapsychologie serait le «transformateur épistémologique» (Varvoglis, 2006)?

On peut admettre que le second postulat du MPI était en partie contenu dans le premier postulat. Il faut néanmoins retenir que si on accepte la description de l’effet psi comme corrélation non-locale (premier postulat) plutôt qu’un modèle rhinien d’influence de l’esprit sur la matière, alors on doit accepter de ne pas traiter le psi comme un signal (second postulat). Cela n’est cependant pas interdit, mais toute tentative de l’expérimentateur dans ce sens conduira à l’émergence de l’élusivité, c’est-à-dire d’un hiatus entre la préparation et la mesure du système expérimental. On ne mesurera que des «pseudo-signaux».

L’élusivité est généralisée à tous les grands travaux dont l’objectif est orienté vers la preuve du psi, du fait d’une relation d’incertitude entre «la taille d’effet d’un phénomène psi» et «la qualité de sa documentation». (Par documentation, on entend une combinaison de la preuve répondant aux critères scientifiques et de l’enquête historique). C’est-à-dire qu’un phénomène psi est d’autant plus fort qu’il émerge dans un environnement «flou».

Le concept d’élusivité n’a pas été inventé par Lucadou, mais il l’accompagne dans toutes ses réflexions. C’est un des concepts des plus coûteux de la parapsychologie, souvent confondue avec une stratégie immunitaire des théories parapsychologiques. Lucadou le considère plutôt comme une métaperspective sur les données empiriques, qui demande une honnêteté et une grande qualité d’observateur.

Sa conviction est que la parapsychologie n’a pas réussi à établir des preuves scientifiques indiscutables de l’existence du psi (2001), mais que cet état des faits implique une caractéristique des phénomènes eux-mêmes. Cela ne veut pas dire que les expériences de parapsychologie ne peuvent pas obtenir de résultats tout à fait significatifs. L’élusivité ne porte pas sur la mise en évidence d’un phénomène psi, mais sur l’utilisation de cette information ou, plus précisément, sur le développement temporel du système porteur de cette information. Ce modèle implique donc de prendre en compte un mélange optimum de préparation et de mesure (cf. les autres articles récents de Lucadou pour une discussion plus poussée de ce point).

(Note: cet article est divisé en trois parties. La suite sera publiée prochainement.)



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Glossaire pour le Modèle de l’Information Pragmatique

Autonomie: L’autonomie est une composante de l’information pragmatique. L’autonomie désigne littéralement une loi propre, en opposition à l’allonomie qui correspond au contrôle. Seul un système autonome peut produire de la nouveauté, qui serait généralement considérée comme un effet anormal ou psi.

Clôture organisationnelle: Un système autonome est organisationnellement clos s’il émerge une unité à partir des relations entre les composants du système. Par exemple, un atome n’existe que par l’interaction récursive du noyau et des électrons, et bien que ses éléments soient des unités séparées, il est vu de l’extérieur comme un corps unifié. Moins un système est perturbé par les interactions avec son environnement, et plus on peut dire que sa clôture organisationnelle est forte. Néanmoins, la clôture organisationnelle est une notion plus large que celle de «stabilité dynamique». Une voiture a par exemple une clôture organisationnelle faible parce que sa stabilité n’est pas assurée de l’intérieur par une boucle récursive de processus interdépendants. Bien que la tôle de la voiture oppose une résistance au milieu (clôture physique), cette résistance ne conduit jamais à la régénération de la tôle. Au contraire, une cellule a une forte clôture organisationnelle dans la mesure où ses remaniements internes ne nécessitent pas de causes extérieures. Dans une expérimentation parapsychologique, ce sont les instructions qui interviennent comme sources de référence externe reliant un sujet et une cible. L’interaction entre le sujet et la cible produit alors une clôture organisationnelle du système autonome «sujet-cible», quantifiée par la valeur d’information pragmatique interne du système.

Complexité: Une définition fonctionnelle de la complexité et de sa mesure est donnée par Lucadou & Kornwachs (1975). La complexité dépend plus de l’organisation en niveaux hiérarchiques d’un système que du nombre d’éléments de ce système. Les systèmes complexes peuvent modifier leur propre structure dans le temps, en opposition à des systèmes du premier type (comme une machine de Turing) définis par une table de transition état-par-état, et dont la structure varie seulement en densité, c’est-à-dire par rapport au nombre de connexions actuelles et possibles, et par rapport au nombre d’éléments du système.

Confirmation: La confirmation est l’une des composantes de l’information pragmatique qui qualifie la tendance d’une information à figer la structure ou le comportement d’un système du fait de sa redondance par rapport à des connaissances préalables du système.

Corrélation non-locale (ou holistique): Une corrélation non-locale est un effet mesuré entre au moins deux variables, qui ne peut être attribué à l’une ou l’autre des variables.

Élusivité: L’élusivité est un paramètre décrivant une situation expérimentale où se présentent une perspective interne et une perspective externe. Les échanges d’informations entre ces deux domaines seront régulés par une limitation de l’information pragmatique. Cela provoque des phénomènes de distorsion des connaissances échangées, pouvant prendre diverses formes (déclin, inversement, déplacement).

Feedback: 1. Rétroaction de l’information dans les systèmes cybernétiques; Information renvoyée au sujet sur n’importe quelle mesure prise sur lui-même (physiologique, psychologique, tests psi); 2. Moyen utilisé pour lui redonner cette information (ex: feedback auditif, feedback visuel, etc.).
Fiabilité: La fiabilité est une composante de l’information pragmatique. La fiabilité permet de contrôler un système, c’est-à-dire de déterminer les lois qui le régissent et de prédire son comportement.

Fonction (ou Comportement): Le comportement est une information temporelle sur un système.

Générateur de Nombres Aléatoires (GNA): Système électronique servant à générer des séries de bits à partir d’une source au comportement aléatoire.

Information pragmatique: Le concept de von Weizsäcker (1974) est «une mesure de la signifiance de l’information». L’information pragmatique se manifeste elle-même dans «ses effets sur le système», mais n’a pas de contenu informationnel

Information pragmatique externe et interne: L’information pragmatique interne peut être décrite comme l’information pragmatique définissant la «préparation» du système (constituant la clôture organisationnelle du système) et l’information pragmatique externe comme celle qui définit la «mesure» du système (l’information qu’on tente d’extirper du système pour apprendre quelque chose sur lui). Par exemple, dans une expérience PK, l’information pragmatique interne peut être le feedback des fluctuations du GNA au sujet et l’information pragmatique externe serait le score Z du résultat de l’expérience.

Instructions: C’est ce que l’expérimentateur demande au sujet de réaliser, même s’il ne s’agit pas de ce qui sera mesuré. C’est un exemple d’interaction qui met en place la clôture organisationnelle du système «sujet-cible».

Intervention paradoxale: C’est une action qui, si elle se résout, contredit sa définition. L’intervention paradoxale sert de guide logique au développement du modèle du MPI où, à partir de définitions de lois issues de la physique quantique, on ne peut aboutir à une contradiction avec ces mêmes lois comme supposer un transfert d’information par des corrélations non-locales.

Nouveauté (ou Primordialité): La nouveauté est une des composantes de l’information pragmatique qui qualifie la tendance d’une information à modifier la structure et le comportement d’un système du fait de l’apport de matériel sans aucun rapport avec les connaissances préalables du système.

Pseudo-signaux: Contrairement à un signal classique, un pseudo-signal se «corrode» dès qu’on veut l’utiliser pour transmettre des informations de manière fiable.

Signification (meaning): La théorie de l’information pragmatique est une théorie de la signification.

Structure: La structure est une information spatiale sur un système.

Système: Un système est un ensemble d’éléments et un ensemble de relations entre ces éléments (Klir, 1969).

Système non-classique: Un système non-classique est un système où l’on ne peut pas strictement séparer les variables du dispositif expérimental, c’est-à-dire où il n’est pas possible de poser l’action expérimentale (la mesure, par exemple) et la situation de départ comme indépendantes l’une de l’autre. C’est le cas de certains systèmes quantiques. Dans le MPI, on considère en particulier les systèmes non-classiques auto-référentiels.


33 réponses à “Explication du paranormal? Le Modèle de l’Information Pragmatique: les postulats”

  1. Robert dit :

    ******Le problème avec certains croyants rationalistes, c’est qu’ils aiment affirmer sans savoir en prétextant que tout ce qui y serait contraire serait du charlatanisme ******

    Peux tu nous rappeler ton cursus universitaire stp ?

  2. Orphee dit :

    Oui Robert, il est vrai que je ne suis pas là souvent mais j’ai plaisir à lire votre CV régulièrement :-)
    Tu devrais le peindre de temps en temps.

    Pourriez-vous vous même nous rappeler votre cursus universitaire en matière de mécanique quantique, cher Robert ? où pourriez-vous indiquer en quoi vos années de médecine vous auraient apporté la moindre information sur le monde quantique ou, plus généralement, les mathématiques ?
    Je dis ça parce que s’il fallait comparer mes capacités mathématiques à celles de ma soeur, probablement bien plus compétente que vous en matière de médecine, je crains d’avoir le dessus. Inversement s’il fallait les comparer avec celles de mon frère je crains alors pour mes oreilles.
    Ça doit être le principe de la relativité ;-)

    Bref, si cela peut vous charmer, mes compétences en matière d’ÉLECTRONique sont sans aucun doute bien plus hautes que les vôtres et je ne vois pas en quoi le fait de n’avoir pas passé vingt ans en fac (soit moins que Votre Majesté) m’interdirait de m’exprimer ou de faire s’exprimer tout individu. Vous avez du bien souffrir de votre petitesse pour revenir sans arrêt clamer votre nom à toutes les oreilles !

    Tiens, revenons à nos moutons:
    « Dans les deux cas, aux limites expérimentales actuelles, électrons et photons sont des particules ponctuelles, contrairement aux protons et neutrons qui ont une extension spatiale. »

    http://www.futura-sciences.com.....les_37863/

    Et, pour le cas où vous auriez du mal à interpréter les mots, cela signifie bien que nous parlons de quelque chose qui … « n’existe pas » dans la famille Robert/Nemrod ! mais avant qu’ils acceptent d’être nus comme des vers on aura le temps (certes le temps semble tendre vers l’infini) de détourner le regard.

  3. Orox dit :

    Ben moi aussi je suis allé à l’université: entre l’âge de 0 et 2 ans, j’étais dans un bocal au département d’anthropologie.

  4. Orphee dit :

    Peut être cher Orox, peut être … mais vous a donc foutu à la porte rapidement ;-)
    Moi au moins j’ai jamais été viré, on m’a juste parfois indiqué que je m’étais trompé de porte :-) mais vu le nombre de vieux à lunettes qui traîne dans l’éducation, je me dis qu’ils devaient être myopes ;-)

  5. Orphee dit :

    Au fait Orox, je compte sur toi pour défendre ma virginité pendant mon absence, parce que là où je vais j’aurais un peu de mal à communiquer…

  6. Robert dit :

    20 ans en fac ?
    Ah, au fait, quelle fac ? Quelle matière ?

    Mon pauvre Orphée, tu ne comprends même pas ce que tu lis, alors avant de vouloir dézinguer les autres, retourne donc à l’école.

    Question, en quoi le fait d’être médecin empêche de s’occuper de physique et de faire des maths ? Je ne t’ai pas dévoilé tout mon CV que je sache.

  7. Orox dit :

    No problemo sir… Alors bon voyage! Et ramène nous un peu de cette proverbiale sagesse asiatique, histoire de rigoler un peu… :-)

    J’aime bien les trucs du genre taoïstes…

    -  » Nous sommes le lendemain d’hier  »

    -  » La destinée d’un homme est comme un fromage feta, mais gardons-nous d’en abuser à cause du durcissement des artères qui désorientent les chakhras  »

    -  » Petit à petit, Hachimoto fait son riz  »

    C’est comme le scepticisme, ca en jette. Mentionne ca mine de rien à une gonzesse après son 8ième verre de vin et c’est gagné: elle te prend pour un génie et la suite promet d’être flamboyante!!! :-)

  8. Robert dit :

    Voila le type parfait du site qui fait appel à la science pour tenter de nous faire avaler ses couleuvres. On est en plein dans le sophisme.

    http://www.conspirovniscience......deHEIS.php

    Orphée est totalement dans la même démarche….