Paranormal Activity (critique du film): véritable intérêt pour le paranormal ou simple buzz?
«Paranormal Activity» (photo Paramount): voilà un film qui génère un «buzz» considérable depuis quelques semaines. D’après les rumeurs qui circulent sur le Web, Steven Spielberg aurait dit de ce film qu’il était hanté. Dans les couloirs, on raconte que «Paranormal Activity» – le récit cauchemardesque des aventures paranormales d’un couple qui emménage dans une nouvelle maison – est basé sur des faits réels, et certains s’avancent même à dire qu’il s’agit en réalité d’un véritable documentaire. Brrr!
Après avoir visionné les images terrifiantes de la bande annonce, il fallait bien que j’en aie le coeur net. Ne reculant devant rien pour satisfaire la curiosité de mes fidèles lecteurs, j’ai donc pris mon courage à deux mains pour visionner le fameux film «Paranormal Activity». Comme vous pouvez déjà le constater, j’ai survécu à cette expérience… qui fut toutefois à la limite du supportable (mais pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le paranormal
).
«Paranormal Activity» relate les mésaventures d’un jeune couple qui emménage dans une maison coquette (qui est d’ailleurs beaucoup trop grande pour deux personnes, à moins qu’elles n’aient l’intention d’avoir une nombreuse progéniture). Rapidement, le couple constate que sa nouvelle demeure semble héberger d’autres habitants: des sons mystérieux retentissent parfois, et les portes peuvent bouger alors que toutes les fenêtres sont fermées.
Eh oui! «Paranormal Activity» est en fait une bonne vieille histoire de maison hantée. Le scénario n’a donc rien de très original et, à bien y penser, il n’y a pas vraiment de scénario comme tel.
Oren Peli, le réalisateur du film, a d’ailleurs avoué dans une interview que les acteurs ont improvisé leurs dialogues, et que seules les grandes lignes de l’intrigue (d’accord, le mot est fort) ont été écrites à l’avance.
Le film a été tourné façon «télé-réalité»; on peut suivre le couple dans ses activités quotidiennes, y compris dans la chambre à coucher (où l’on ne constate d’ailleurs aucune activité susceptible d’engendrer cette progéniture qui peuplera la vaste maison). L’image presque toujours mouvante de «Paranormal Activity» rappelle une vidéo amateur tournée avec un caméscope. Rien d’étonnant à cela, c’est le cas.
Que dire de plus? Que «Paranormal Activity» n’a rien d’effrayant, si ce n’est par sa platitude? Que les acteurs sont loin d’être convaincants? Qu’il vous faudra attendre plus d’une heure avant d’être témoin d’un des événements «traumatisants» du film: une tentative d’enlèvement par une «entité démoniaque» invisible? Que vous n’aurez jamais aussi souvent regardé votre montre en visionnant un film?
J’ai cependant trouvé une qualité à «Paranormal Activity»: ce sous-navet insignifiant ne dure que 97 minutes, ce qui est heureux quand on pense qu’on aurait pu allonger la sauce pendant deux ou trois heures.
P.-S.: je dois avouer que je ne suis peut-être pas parfaitement objectif dans mon évaluation, car les séries du type «chasseurs de fantômes» m’ennuient profondément. Toujours est-il que «Paranormal Activity» fait un carton au box-office: plus de 60 millions de dollars en quelques semaines, pour un film qui a coûté environ 15 000 dollars… Vive la puissance du «buzz». Sinon, le département des plaintes se trouve toujours un peu plus bas, sous la bande annonce. Pour info, le film sortira en France le 2 décembre 2009.
P.P.-S.: «Paranormal Activity» est-il un film documentaire? Il s’agit bien entendu d’une fiction complète, bien que le réalisateur se plaise à entretenir un flou relatif en mentionnant qu’il a longuement étudié des cas de hantise et de possession avant de procéder au tournage (rappelez-vous qu’il n’y a pas de scénario à proprement parler). Aurait-il aussi étudié des hypothèses telles que les maisons hantées par les infrasons? À voir son long métrage, qui est un ramassis de croyances grand public, il semble bien que non.
Lire aussi:
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- Photos d'orbes et visages de fantômes
- Spiritisme : photos d'ectoplasmes canadiens
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28 octobre 2009 à 2:18
Déja économisé un ticket de cinéma – merci JC !
c’est une journée qui commence bien !
28 octobre 2009 à 5:21
il vaut mieux revoir l’excellent film
la maison des damnés
Réalisé par John Hough
Avec Pamela Franklin, Roddy McDowall, Clive Revill et la belle Gayle Hunnecticut
Titre original : Legend of Hell House
Long-métrage américain, britannique. Genre : Epouvante-horreur
Durée : 1h35 min. Année de production : 1973
basé sur des faits réels aussi, sans aucun effet spécial, budjet réduit mais angoisse et suspence garantis !
31 octobre 2009 à 5:13
Moi qui voulais allé voir ce film, merci JC
de nous avertir de ce navet.
31 octobre 2009 à 9:13
*******Attention, ce commentaire contient un spoiler *********
(pour peu que quelqu’un aie envie de l’éviter…)
Absolument d’accord avec toi quant à la teneur de ce film, j’ai senti un emmerdement latent ponctué par quelques ‘mais quel boulet’ ou ‘mais quelle chieuse…’… Toujours est il qu’une seule scène m’a révéillé : la vidéo d’exorcisme que le type regarde sur internet, ou la fille se bouffe littéralement un bras, dont je n’ai pas réussi à identifier s’il s’agissait d’une scène repompée à un autre film, à une vidéo youtube, ou mieux, si c’est bien eux qui l’ont tournée. Ce qui serait la meilleure scène du film au final!
*******Fin de spoiler *********
Sinon, mon avis (perso) est que même si le réalisateur n’y est pour rien, ca pue la tentative de récupération pour convaincre à nouveau le public mondial que « les américains » seuls détiennent la recette du film d’horreur réaliste en caméra subjective, le monopole de l’épouvante. En gros, Rec (film espagnol) a mis une claque à tout le monde, en plus du buzz de la réussite commerciale. Hormis Filmax qui n’est qu’un partenariat, aucun des « gros » n’a été sur le coup pour en profiter. Les boules! Devinette : vous avez certainement vu la bande annonce de Paranormal Activity qui filme un public terrifié dans un cinéma? Quel film cité plus haut dans ce commentaire avait déjà produit la même bande annonce lors de sa sortie?