Le Livre noir des gourous (la vie secrète des maîtres spirituels) – entretien avec Marc-André Saint-Jean

Rédigé par JC le — Publié dans Paranormal

S’il y a un mythe bien ancré dans la spiritualité, le paranormal et autres disciplines postulant l’existence de dimensions «subtiles», c’est que l’être humain possède des pouvoirs psychiques particuliers et la capacité d’accéder à des niveaux de réalité supérieurs qui se situeraient bien au-delà de la conscience du commun des mortels. Une fois qu’on accepte ce postulat, il devient presque naturel de présumer que, comme d’autres facultés ou caractéristiques humaines, ces capacités seraient plus ou moins développées dans la population (conformément à un phénomène d’évolution spirituelle postulé par plusieurs traditions), et que certaines personnes auraient atteint de hauts sommets dans la maîtrise de ces pouvoirs – des êtres qu’on appelle maîtres spirituels, être éveillés ou réalisés, etc.

Or, certains de ces «êtres réalisés», parfois élevés au rang de demi-dieu par leurs disciples, ont été surpris en train de commettre des actes qui relèvent de la nature humaine dans ce qu’elle a de moins noble, et ne semblent pas toujours détachés de l’attrait des possessions matérielles si l’on se fie aux richesses qu’ils se plaisent à accumuler. La spiritualité serait-elle un business pour certains gourous et maîtres spirituels? Le Québécois Marc-André Saint-Jean a longtemps cru en un gourou, jusqu’au jour où il a réalisé qu’il s’était fait duper par un charlatan. Pendant plusieurs années, il a ensuite fouillé la vie de gourous et maîtres spirituels respectés à la recherche de signes d’imposture. Le fruit de ses travaux a été publié dans «Le livre noir des gourous: la vie secrète des maîtres spirituels», un ouvrage publié aux éditions Les Infidèles (une maison d’édition créée par Marc-André Saint-Jean). M. Saint-Jean, qui tient également le blog des Infidèles sur Internet, a gentiment accepté de répondre à quelques-unes de mes questions sur la spiritualité, la nature humaine et – bien entendu – les gourous. (Comme toujours, les questions de BlogParanormal.com figurent en caractères gras.)

M. Saint-Jean, pourriez-vous nous expliquer brièvement comment vous en êtes venu à publier un livre critique sur les gourous et les maîtres spirituels?

Marc-André Saint-Jean: J’ai découvert, en septembre 2000, que mon gourou préféré, Sathya Sai Baba, était un imposteur. Ceci fut le premier élément qui m’amena vers la rédaction d’un livre critique envers les gourous. Cela provoqua chez moi un certain choc, et eut comme effet de déclencher une prise de conscience qui m’amena à questionner la vie des autres gourous que je respectais.

Après quelques années de recherche, croulant sous une montagne de «biographies secrètes», hébété devant l’énormité des preuves qui s’accumulaient contre plusieurs de gourous, j’ai commencé à dresser un dossier noir sur eux. J’ai réalisé du même coup que la littérature critique sur les gourous était difficile d’accès pour le grand public, et totalement inaccessible pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare. L’idée de rassembler cette information sous la forme d’un livre se dessina tranquillement; il me restait à trouver des gens prêts à témoigner.

Qui sont les gourous que vous «démasquez» dans votre Livre noir?

Marc-André Saint-Jean: Les deux gourous du Siddha Yoga, Swami Muktananda et sa disciple Gurumayi Chidvilasananda (par William Rodarmor, Lis Harris et Adrienne D.), Andrew Cohen (avec la participation de sa mère, Luna Tarlo), Elizabeth Clare Prophet (avec la participation de son fils, Sean Prophet), Omraam Mikhaël Aïvanhov (par René Savoie), le gourou aux Rolls-Royce, Osho Rajneesh (par Franco Cirelli), l’homme des miracles, Sathya Sai Baba (par moi), et des petits chapitres visent H.P. Blavatsky, Carlos Castaneda, Charles Leadbeater, Ramesh Balsekar, Lobsang Rampa et finalement Jiddu Krishnamurti.

Même si on prouvait qu’un gourou est très loin de la «perfection», certains adeptes pourraient penser que ses déviances ne sont qu’un détail et que le maître en question est réellement un être qui a atteint de grands sommets dans la spiritualité. Y a-t-il un remède contre ce type de «rationalisation»?

Marc-André Saint-Jean: On ne rencontre pas souvent ce type de rationalisation, car les adeptes croient généralement que l’éveil spirituel prémunit le gourou contre les déviances.

Cependant, je crois que la rationalisation la plus tenace, et aussi la plus populaire, est celle du «test». En vertu de ce type de rationalisation, le disciple en vient à croire que le gourou a fait exprès pour faire une bévue, il savait que son disciple le découvrirait ou l’apprendrait d’une quelconque façon. Ainsi, le gourou a joué un rôle dans le but de permettre au disciple de travailler sur lui-même en le plongeant dans le doute. Je suis pessimiste, mais je crois qu’il n’existe aucun remède pour ce type de «rationalisation».

Une question fondamentale: d’après vous, pour quelles raisons certaines personnes ressentent-elles le besoin d’avoir un maître spirituel? Et d’ailleurs, à la base, pourquoi s’intéresse-t-on à la spiritualité?

Marc-André Saint-Jean: Après avoir fréquenté des adeptes pendant plus d’une décennie, j’ai remarqué deux raisons fondamentales pour lesquelles on se dirige vers la spiritualité et les gourous.

Pour guérir ou pour obtenir plus de la vie.

Il y ceux qui ont des blessures, ceux pour qui la vie fut difficile, ceux qui n’ont pas été aidés par la psychologie et qui tentent de trouver secours auprès du gourou et de sa spiritualité. Ils sont engagés auprès d’un gourou dans le but de faire cesser un mal de vivre, une douleur psychologique ou émotionnelle.

De l’autre côté, il y a ceux qui sont relativement satisfaits de la vie, mais qui se demandent quand même s’ils peuvent obtenir plus de celle-ci.

Y a-t-il des points communs dans la personnalité des gourous et maîtres spirituels connus? Autrement dit, y aurait-il des qualités essentielles pour avoir du succès en tant que gourou?

Marc-André Saint-Jean: Tous les gourous possèdent une certitude hors du commun, cette qualité est absolument essentielle chez le gourou.

Mais puisqu’il y a différents chercheurs spirituels avec des besoins différents, tous les types de gourous ont leur chance. Un chercheur fuira les gourous qui disent posséder des pouvoirs magiques, alors qu’un autre ira uniquement vers ceux-là. Certains chercheront l’humilité, alors que d’autres iront uniquement vers les gourous qui se présentent comme des incarnations de Dieu, je pense à Sathya Sai Baba et Mata Amritananda Mayi par exemple.

Il y a de la place pour tout le monde dans le «gourou business».

Il n’y a pas si longtemps, la célèbre animatrice américaine Oprah Winfrey a endossé publiquement et fait la promotion des enseignements spirituels d’Eckhart Tolle, un présumé «éveillé spirituel» qui a publié des livres tels que «Le pouvoir du moment présent» et «Nouvelle Terre». Que pensez-vous de cette diffusion de notions spirituelles auprès d’un très large public?

Marc-André Saint-Jean: Je préfère voir la diffusion de notions qui proviennent de la non-dualité que la diffusion des croyances qui émergent du channeling. Si les gens cherchent absolument un enseignement révélé, je préfère plutôt les voir aller vers Shankara que vers Ramtha.

Mais j’ose penser que si une assez grande portion de la population pratique la philosophie de la non-dualité, l’inefficacité de celle-ci deviendra évidente à long terme.

Selon vous, l’être humain deviendra-t-il un jour (dans un futur éloigné, peut-on présumer) un être totalement logique et rationnel, ou bien aura-t-il toujours besoin d’une dimension spirituelle, religieuse ou mystique dans sa vie?

Marc-André Saint-Jean: Je suis un de ceux qui croient que l’élan spirituel est de nature biologique, je dirais donc que la dimension spirituelle sera toujours présente chez l’Homme. Mais j’aime me faire croire que cet élan sera un jour compris pour ce qu’il est.

Ce sentiment de base, que l’on nomme spirituel, religieux ou mystique, peut aussi bien s’exprimer par la musique, par l’enchantement que nous pouvons avoir pour la nature, ou par le fait d’être émerveillé d’être vivant, par exemple.

Je pense qu’il est possible de jeter l’eau sans le bébé.

M. Saint-Jean, pensez-vous qu’il existe (ou qu’il a existé) de véritables maîtres spirituels dotés de facultés surnaturelles ou de pouvoirs paranormaux?

Marc-André Saint-Jean: Non, je ne le crois plus. Mais toute la mécanique derrière la construction du mythe des maîtres spirituels possédant des pouvoirs paranormaux est un sujet fascinant, et j’aimerais beaucoup l’aborder sur le blog des infidèles.

Même si cela affecte notre estime de soi, et qu’il est difficile d’accepter une vision matérialiste de ces pouvoirs paranormaux, je crois bien qu’il s’agit d’un heureux mélange de dissonances cognitives, de sélection de preuves, de la façon dont la mémoire fonctionne, de fausses inférences et tous les autres «angles morts» cognitifs que nous offre notre héritage biologique.

En terminant, votre Livre noir des gourous est-il uniquement disponible au Québec et au Canada? Projetez-vous une diffusion en Europe, en France en particulier?

Marc-André Saint-Jean: Malheureusement, Le livre noir des gourous n’est pas disponible en Europe. La maison Les Infidèles recherche présentement un éditeur français pour publier une co-édition. (NDLR: voilà, l’invitation est lancée. ;-) )

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142 commentaires pour “Le Livre noir des gourous (la vie secrète des maîtres spirituels) – entretien avec Marc-André Saint-Jean”

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  1. 1
    NEMROD34 a dit :

    C’est toujours bon des livres comme ça!

    J’ai réalisé du même coup que la littérature critique sur les gourous était difficile d’accès pour le grand public, et totalement inaccessible pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare.

    C’est le cas pour beaucoup de choses, il faut une minute pour dire une connerie, il faut des jours pour expliquer la vérité.

    Merci pour ce bouquin et ce blog salutaires.


  2. 2
    Orox a dit :

    M. Saint-Jean l’a très bien dit: c’est du business, rien d’autre. Ça a toujours été ainsi, depuis les sociétés chamaniques de la préhistoire jusqu’à aujourd’hui. Vous avez d’une part des gens qui souffrent ou qui ont des interrogations, et de l’autre coté se trouvera immanquablement un petit malin qui viendra leur vendre la solution.

    Toutes les religions et mouvements spirituels l’ont compris: le truc principal est de faire croire que le gourou ou le grand prêtre X est l’unique personne par qui Dieu, ou la sagesse, ou l’illumination se révèlera à la communauté des croyants, un genre de monopole de l’intercession quoi. Et bien évidemment pour être sauvé, guéri, exaucé ou élu il y a des condition$ bien $ur.

    Mais être gourou a quand même ses petites compensations…. On peut abuser sexuellement de ses disciples quand il n’ont plus un rond à donner… Ils ont aussi compris de principe de la valeur ajoutée…


  3. 3
    M. a dit :

    Je pense qu’il ne faut pas tout mélanger et comme le dit très bien monsieur Marc-André, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Ce n’est pas parcequ’il existe des charlatans ou illusionnés sur leur soi-disant réalisation, qu’ils sont tous dans ce cas.

    Il y a de faux gourous et des vrais.

    Parmis les vrais, il y en a des bons et des moins bons, peut-être même qu’ils en existent de parfaits comme le Bouddha, mais qui suis-je pour juger de cela? Restons humbles et ne présumons pas de ce qui nous dépasse.

    Paix à vous, quoi qu’il en soit. Avec ou sans gourou.


  4. 4
    Orion-e a dit :

    « il y a des condition$ bien $ur. »
    Voilà donc que vous écrivez vos « $ » comme moi, cher Orox! ;-)

    M-A St-Jean: « Mais j’ose penser que si une assez grande portion de la population pratique la philosophie de la non-dualité, l’inefficacité de celle-ci deviendra évidente à long terme. »

    Ça dépend de ce qu’on entend par inefficacité. Si le but c’est de briller dans le noir et de léviter, sans doute que cette affirmation est vraie.

    Étant foncièrement ignorante (et très très humble), il a d’abord fallu que je me renseigne sur la philo de la non-dualité. ici, par exemple: http://nondualite.free.fr/

    Je ne vois pas ce qu’il y a de malsain, ou même d’inefficace là-dedans. Le principe même de l’individualité exclut la subordination à un gourou. Quant à l’efficacité, il me semble que toute démarche qui vise à s’affranchir nous rend plus libre(WOW!). OK, ok…plus libre de quoi.

    De prendre des décisions et d’être aux commandes intérieures, peu importe les événements extérieurs (vlan dans les dents, les findumondistes)…mais bon, je dois être control freak. Va falloir que je me trouve un bon gourou pas trop cher pour régler ça.


  5. 5
    Orox a dit :

    « Voilà donc que vous écrivez vos « $ » comme moi, cher Orox! »

    Absolument Orion-e! L’un des préceptes majeurs du Bouddhisme veut qu’on garde pour soi ce qui est bon et qu’on écarte le reste. Je garde donc les $, en attendant mieux. Ou autre chose. Ou pire…

    Vive le vélo! (et les jolies petites cyclistes aux mollets d’acier qu’on a toujours grand plaisir à suivre. :-)


  6. 6
    Orion-e a dit :

    « Ou autre chose. Ou pire… »

    …ou rien? Ce qui serait très sage.

    J’ai récemment durement appris qu’il vallait mieux ne pas avoir de but, et qu’il fallait se concentrer sur le chemin emprunté. C’est drôle, quand on réussit ça, on a moins hâte d’arriver.

    Ça doit s’appliquer au vélo aussi, ça évite de pogner la garnotte. Enjoy the ride!

    On est-tu en train d’inventer le bouddhisme post-moderne? ;-) J’ai déjà mon nom de gourou-e: Lasha Dun Behem Simposa.


  7. 7
    toutain a dit :

    M a dit (entre autre):

    « Il y a de faux gourous et des vrais. »

    Il n’est aucunement question de « vrais » ou de « faux », de « bons » ou de « mauvais », mais simplement d’êtres mal-intentionnés, dont l’égo démeusuré a pour perspective la possession d’autrui et de tous ses biens, évidemment.


  8. 8
    M. a dit :

    Si il en est question, justement, car un maître spirituel n’est pas forcément parfait. Même un être éveillé n’est pas obligatoirement parfait. Seul un être totalement éveillé est parfait. c’est ce que veut dire atteindre l’état de Bouddha, être au-delà de toute forme d’ignorance et donc au-delà de toute imperfection. Ce qui n’est évidemment pas le cas de tous les gourous.

    cela dit tous les gourous ne sont pas des charlatans, même si ils ont encore de légères traces d’égoisme.

    Ayant visité le blog de monsieur Marc-André, j’ai eu l’impression qu’il manque de nuance de manière flagrante et qu’il les met tous dans le même sac. Peut-être est-ce dû au fait qu’il a vécu de mauvaises expériences lors de son cheminement spirituel.

    Au départ le mot « gourou » n’est pas du tout péjoratif, il se réfère à des êtres qui ont développé un très haut degré de compassion et de sagesse, pas à ce genre de personnage piégé par leur ego et leur ignorance. S’il-vous-plaît ne faisons pas d’amalgame et ne sèmons pas encore plus de confusion qu’il n’y en a déjà dans le monde.

    Peace!


  9. 9
    toutain a dit :

    M,

    excusez-moi si je malmène un peu vos convictions, mais à mon sens un être « éveillé » est une personne consciente que connaissance totale et perfection absolue ne sont que pures chimères.

    Il n’est pas nécessaire d’être un gourou ou un maitre spirituel pour accéder à un haut degré de compassion et de sagesse.

    En revanche, ceux qui « s’autoproclament » prouvent qu’ils ont bigrement atteint et dépassé le seuil limite de leur mégalo..encouragée et nourrie par la dévotion de leurs adeptes.

    Quant à M. Saint Jean, si vous avez lu l’article ci-dessus, vous avez sans doute compris qu’il a en effet démasqué l’escroquerie le concernant, et dans la foulée, celles d’autres gourous encore.
    Il a réalisé ce qu’il y avait à réaliser.

    PS : une pensée pour les canadiens qui viennent d’essuyer un séisme. J’espère que tout le monde va bien.


  10. 10
    M. a dit :

    Bonsoir,

    Ne vous excusez surtout pas, vous pouvez malmener mes convictions autant que vous voulez, car pour ma part, je considère que toute conviction est fausse, car basée sur des concepts et des expériences personnelles et relatives et donc forcément limitée. L’illimité ne peut être appréhendé par le limité; l’absolu ne peut être compris par le relatif; ce qui dépasse le mental et l’ego ne peut être saisi par le mental et l’ego.

    L’absolu ne peut être saisi par personne et certainement pas par la pensée. L’absolu est là, lorsque le mental n’est plus, c’est-à-dire lorque le silence intérieur règne. Ceci n’est pas ma conviction, ceci est un fait, lorsque mes convictions ne sont plus.

    Là ou je vous rejoins, c’est lorsque vous dites :
    « Il n’est pas nécessaire d’être un gourou ou un maitre spirituel pour accéder à un haut degré de compassion et de sagesse. » Cependant lorsqu’on y accède on peut endosser ce rôle pour aider les autres à sortir de leur souffrance, par saggesse et compassion et pas pour s’en foutre plein les poches et autres motifs égoistes, comme malheureusement certains soi-disant maîtres spirituels le font.

    Vous dites aussi : »…mais à mon sens un être « éveillé » est une personne consciente que connaissance totale et perfection absolue ne sont que pures chimères. » Ce sont là vos convictions, c’est-à-dire vos croyances et non pas votre réalisation spirituelle.

    Meilleures pensées aux canadiens et à tous.

    Puissions nous tous trouver la paix en nous.


  11. 11
    toutain a dit :

    M,

    tant mieux donc de n’avoir rien malmené car j’ai tendance à être réfractaire et catégorique avec la spiritualité version gourou, à y soupçonner quelque chose de sectaire.

    Mais vous avez raison, je vous ai effectivement exposé mon point de vue « intellectuel ».

    Pourtant, l’état de paix et le silence intérieur ne me sont pas inconnus, je les retrouve même assez souvent auprès de ma blonde bien-sûr, mais aussi dans la pratique de la peinture, en faisant de la randonnée, ou encore lors de voyages sac à dos.
    Cela convient à mon équilibre de vie, et je ne ressens pas le besoin de chercher un « maitre spirituel » lorsque je suis en souffrance.

    J’ai appris par la voie rationnelle à accepter, à relativiser et à sublimer.

    Comme on dit, chacun sa route, chacun son chemin dans la quête de son bien-être.


  12. 12
    Améthyste a dit :

    Belle vérité que vous nous démontrez ICI Toutain!

    Une spiritualité reste avant tout un secret à soi ,une page infiniment intime de tout son être , »corps âme et esprit » un « maitre »de son silence intérieur:OUI.

    Loin des Gourous, Grand maitre spirituel, mes démarches propres de ma spiritualité sont toutes autre, que je ne trahirai pas.Un si peu que du bonheur.!

    Améthyste


  13. 13
    André P. a dit :

    D’accord avec M (post 8), et Toutain (post 9).
    Dans cet éveil à soi, le gourou n’est pas nécessaire et peut souvent semer plus de confusion que d’aide, à cause du renforcement d’égo dont est victime le ‘suivant’, celui qui suit et imite parce qu’il a but inavoué. Le manque d’authenticité, d’expérience de celui qui imite, peut quand même devenir source de libération quand il est vu pour ce qu’il est. Comprendre la nature de l’égo n’est possible qu’a partir du présent, ennemi mortel de l’égo, et cela ne peut se faire que si on a la maturité nécessaire pour lâcher prise, pour ouvrir ainsi une brèche dans la structure égotique et permettre au germe de la réalité de s’installer. Aucun gourou ne peut nous donner cette maturité.


  14. 14
    M. a dit :

    Cher toutain,

    Oui,tout à fait d’accord : à chacun son chemin. J’usqu’au jour où l’on se rend compte (et cela est un choc salvateur énorme!) qu’il n’y a pas de chemin vers le bonheur, car notre véritable identité est le bonheur que nous recherchons. Nous ne pouvons « nous devenir », car nous ne sommes jamais éloigné et séparé de nous-mêmes, sinon imaginairement, mentalement, illusoirement.

    Nous ne pouvons être qui nous sommes vraiment qu’en arrêtant de nous imaginer être qui nous ne sommes pas, quelqu’un ou personne, ceci ou cela.

    Comme le disait le Bouddha : « Il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin » ou encore Krishnamurti : « La Vérité est un pays sans chemin. »

    Ceci étant dit, je vous souhaite la meilleure des randonnées : celle de pouvoir enfin poser votre sac pour aller de là où vous êtes vraiment vers là où vraiment vous êtes!

    Amicalement.

    Mes meilleures pensées à vous…


  15. 15
    toutain a dit :

    M,

    ben le cher toutain..limité, relatif, illusionné, en quête d’identité, stagnant dans ses croyances et autres convictions, constate sans surprise que vous n’échappez pas aux vôtres !

    En plus elles ne sont même pas de vous, puisque déjà vous parlez à la première personne du pluriel, citez et récitez du bouddha au kilomètre (ce qui n’est pas sans me rappeler un certain air de clairon !).

    Bref, je vous épargne les « peace » marqueuses de territoites, toutes les effluves de « paix » d’usage, pour juste vous souhaiter sincèrement de parvenir à VOUS rencontrer.
    C’est particulièrement important, et plus impératif encore au cas où vous sentiriez monter une vocation de M comme Maître.


  16. 16
    M. a dit :

    Je vous dis « M. » comme « Merci » pour vos précieux conseils. Mais ne vous inquiétez pas, je ne crois pas en la réalité de l’ego et donc des maîtres et des disciples. (Enfin, malheureusement, il m’arrive encore trop souvent d’y croire). Je ne dis pas qu’ils n’existent pas du tout, mais qu’ils existent illusoirement, mentalement. Ce n’est pas ma croyance, c’est là comme une évidence, pure, vierge, seule, lorsque mes croyances ne sont plus. Vous avez raison, peu importe ce que moi ou qui que ce soit dise. Je pense que ce qui compte, en définitive, c’est de disparaître pour laisser place à la conscience ultime qui voit sans le moindre doute que tout notre soi-disant savoir n’est que préjugés, conditionnement, ignorance. Tous les mots et tous les concepts sont faux, y compris ceux-ci. Autrement dit, ils ne sont ni vrais ni faux, ils sont Cela, l’indicible sous forme de mots. La pensée et le langage sont limités; leur source, l’absolu, est sans limite. Ce n’est pas un phénomène, c’est ce qui sous-tend tous les phénomènes….et encore, dire cela est encore dualiste et illusoire. Mais que dire, dès que l’on aborde l’indicible on ne peut que mentir.

    Alors je vous dis : que la paix qui ne connaît pas d’effluves vous porte là où vous êtes déjà et toujours : Au-delà de vous-mêmes, au-delà de l’ego, dans le bonheur sans limite.

    En toute sincérité.


  17. 17
    Robert a dit :

    Simple constat, les brasseurs d’air ne sont pas en voie d’extinction.


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