Bertrand Méheust répond à Odin: Aimé Michel en savait-il plus sur les ovnis qu’il ne le disait?

Rédigé par JC le 14 octobre 2008 — Publié dans Conscience/rêves, OVNI

Il y a un peu plus d’une semaine, un lecteur du blog a posé une question fort pertinente dans les commentaires de l’Entretien avec Bertrand Méheust, au sujet de l’ouvrage d’Aimé Michel, «L’apocalypse molle». Cette question d’Odin57, qui concernait un point précis de la pensée du «pape de la soucoupe», a été transmise à Bertrand Méheust, à qui elle s’adressait, et celui-ci y a répondu promptement (je suis entièrement responsable du délai, trop occupé ces derniers jours).

Comme la réponse de Bertrand Méheust soulève des interrogations fondamentales sur le dossier des ovnis et la communauté ufologique, il m’a semblé que la suggestion de Basile d’en faire un nouveau billet était pleinement justifiée.

Par la même occasion, les commentaires de ce billet pourraient devenir le lieu d’un débat fondamental sur le dossier des ovnis, la valeur des témoignages, la notion de preuve en ufologie, l’hypothèse voulant qu’il y ait une pensée ou une intention derrière le phénomène ovni, etc.

Et pour ceux et celles qui le voudraient, on pourrait également y discuter l’impact négatif que peut avoir le channeling et autres soi-disant contacts avec d’hypothétiques extraterrestres. La journée est particulièrement bien choisie pour cela car, dans quelques heures, même les croyants les plus enthousiastes devront se rendre à l’évidence que l’ovni du 14 octobre 2008 de Blossom Goodchild et d’autres prétendus médiums n’était en réalité qu’un canular de plus, une autre supercherie extrêmement nuisible pour l’ufologie sérieuse.


Mais commençons par le commencement. Voici donc la question d’Odin57 et la réponse de Bertrand Méheust.

Question d’Odin57: (Extrait de L’Apocalypse molle, d’Aimé Michel)

«Mais il y a plus grave. Depuis longtemps, il incitait les ufologues à se méfier d’une recherche qui pourrait bien se révéler «la plus dangereuse de toute». Vers 1980, cette intuition se précise et se confirme. Il ne se prend pas à douter de la réalité des ovnis et de leur origine supra humaine, comme le font à l’époque certains ufologues, il s’inquiète plutôt de l’aspect labyrinthique et indécidable de la question (…) Pour caractériser la nature du problème auquel nous sommes confrontés, il reprend souvent une formule de Pascal: à ses yeux, les ovnis sont des «vérités déguisées en mensonges». Et il me répète : «je hais les vérités déguisées en mensonges».

Que cachait, sous cet énoncé apparemment énigmatique, la pensée d’Aimé Michel à propos «d’une recherche qui pourrait se révéler la plus dangereuse de toute» et «d’une vérité déguisée en mensonge»?

Réponse de Bertrand Méheust: Je crois qu’il faut laisser à Aimé Michel sa zone d’ombre, et ne pas scruter chacun de ses propos comme une vérité révélée. Il a poursuivi plus loin que la plupart la réflexion sur un sujet encore vierge, et il s’est retrouvé dans un labyrinthe de questions sans réponse.

Quand il parlait de la recherche «la plus dangereuse de toutes», il pensait sans doute à tous ces gens qui se sont perdus dans l’ufologie (s’il revenait aujourd’hui, il pourrait méditer sur la pertinence de sa formule!) Il pensait sans doute aussi à son aventure personnelle, à son orthoténie par exemple, qui s’est révélée une illusion.

La question des ovnis est suffisamment étayée pour que l’on ne puisse pas rejeter le dossier. Mais elle ne l’est pas assez pour que l’on puisse déboucher sur une certitude quelconque. On ne peut plus se débarrasser de la question, mais il est très difficile de la penser sans tomber dans des illusions projectives, voire dans une forme ou une autre de paranoïa.

Toute connaissance humaine est déjà, à des degrés divers, une interprétation, on apprend cela aux élèves de terminale. Mais quand l’esprit humain se porte sur «les bords du réel» (selon l’expression de Jacques Vallée) l’interprétation devient parfois délire, la raison engendre des monstres.

Aimé Michel savait cela et il en avait peur. Il proposait donc comme contre-mesure son «tout envisager et ne rien croire». C’est un beau principe, mais que l’on ne peut jamais mettre totalement en pratique. Les textes que j’ai publiés montrent qu’Aimé Michel lui-même croyait, et voulait croire, en un certain nombre de choses. Ainsi, quand il parlait de «vérités déguisées en mensonges», en reprenant la formule de Pascal, il s’avançait trop, à mon avis, sur la nature du phénomène ovni; il allait au-delà de ce que l’état réel du dossier nous permet de tenir pour assuré.

Il voulait dire, je pense, qu’il y a bien une pensée derrière le phénomène. Que cette pensée nous transcende. Mais qu’elle se manifeste à nous munie de sa propre réfutation, de manière à ce que l’on ne puisse jamais tenir sa réalité pour assurée. (Les inventeurs d’Ummo avaient repris cette idée, puisque les Ummites, à plusieurs reprises, écrivent à leurs correspondants: «Ne nous croyez pas»!) Au fond, il pensait que l’histoire était hantée, que quelque chose nous poussait, c’était son côté «gothique».

Fin de la réponse de Bertrand Méheust.

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76 commentaires pour “Bertrand Méheust répond à Odin: Aimé Michel en savait-il plus sur les ovnis qu’il ne le disait?”

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  1. 1
    zen-attitude a dit :

    Je vais surement passer pour un adepte de la théorie du complot aux yeux de certains ici mais cet article peut en interesser d’autre moins… septiques

    René Hardy, sacrifié !
    Abordons présentement le suicide très suspect de l’ingénieur René Hardy. Effectivement d’après l’article du journal « L’espoir-hebdo » du samedi 31 mars 1973 consacré à cette affaire, tout cela est bien mystérieux ! Et c’est le moins que l’on puisse dire…
    Ainsi le professeur René Hardy s’est suicidé le lundi 12 juin 1972 à 7 h 45 du matin, sur la terrasse de son appartement, quartier Claret à Toulon. Alors que rien ne le présageait…
    Selon l’article susnommé, René Hardy s’apprêtait à faire état de ses découvertes.
    Il avait compris et pouvait expliquer la façon dont les humanoïdes voyageaient dans la quatrième dimension. Il était en mesure de dire pourquoi et comment ils pouvaient disparaître à nos yeux. Il pensait qu’ils pouvaient très bien vivre parmi nous sans que nous puissions les reconnaître…
    Citation de l’article :
    « Aux obsèques du professeur Hardy, nombreux sont ceux qui, dans l’assistance émue et recueillie, ont noté la présence de six hommes de très grande taille qui paraissaient ne pas se connaître mais se ressemblaient étrangement. Personne ne les avait jamais vus. Ils ne présentèrent pas leurs condoléances à la famille à l’issue de la cérémonie et, détail beaucoup plus troublant (encore qu’invérifiable mais qui nous a été confirmé par plusieurs disciples du maître), ils ne figuraient ni les uns ni les autres sur les photographies prises lors des obsèques, alors qu’ils se trouvaient en plein coeur de la foule des amis venus rendre un dernier hommage au grand savant !.. ». Fin de citation.


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